Le nouvel an malgache

Publié le par Alain GYRE

 

Taom-baovao Malagasy

 

Les « Andriana » pour une date commune

 

 

 

La colline sacrée d'Ambohidrabiby dans toute sa splendeur lors des deux jours du Nouvel An Malgache, les 22 et 23 mars. Une date commune est à l’étude.

 

Sacrée en tout point, car c'est sur cette monticule que le roi Ralambo, au XVIème siècle, a instauré le Fandroana. D'autant plus qu'Ambohi­drabiby est le gardien de la flamme éternelle en Imerina. En cette année nouvelle, une date commune pour la célébration du Nouvel An malgache serait en gestation.
« Nous avons décidé d'un atelier qui rassemblera sous peu tous les Andriana de Madagascar, les notables et les institutions concernées pour discuter et trouver une date nationale », souligne le professeur Rabetrano Andriambololo-Nivo, chef de file des natifs d’Ambohidrabiby. La marche en avant instaurée par les traditionnalistes pour réveiller cet évènement est en train de donner ses fruits.
Il ne reste qu'à espérer qu'elle aboutisse. Que ce soit du côté de l'administration, pour ne citer que l'Office régional du tourisme d'Analamanga, ou Ortana. , des « Andriana enina toko », des Jaky Mena et autres dignitaires royaux, il est maintenant temps.
La présence de la princesse du Menabe, Georgette Kamamy de la dynastie d’Andriandahifotsy, des dignitaires Patrick Zakariasy, de l'Atsimo Atsinanana, ainsi que d'Ambilobe ne faisait que confirmer cette volonté.
Communion nationale
Ces derniers n'étaient d'ailleurs pas les seuls notables présents. Comme de rigueur, c'est à Ambohi­drabiby qu'a été allume la flamme éternelle le 22 mars à 13 h 32, avant que celle-ci ne rejoigne la capitale et les autres lieux de célébration. Ceci fait, un duel-spectacle de Hira gasy avec des grosses pointures comme Raedisa­minana Sahavato et Rasoalalao Kavia s'en est suivi.
Les habitants de la bourgade ont répondu massivement à l'appel. Curieusement, la ferveur populaire pour la célébration du Nouvel an malgache a ressurgi des profondeurs. Le 23 mars, les rites du « Fafy » et « vary tondrahan-dronono sy tantely » se sont déroulées aux première lueurs du jour. Les cérémonies officielles en présence des autorités locales ont clôturé la célébration.

 

Maminirina Rado

 

Lundi 26 mars 2012

 

L’Express

 

Us et coutumes

Le rituel du Taom-baovao malagasy renouvelé

Entre le sacré et la fête. La célébration du Taom-baovao malagasy préserve quelques signes identitaires du Malgache. Une cérémonie qui revêt une forte connotation symbolique.

Le Nouvel An malgache, ou l'histoire d'une identité à retrouver. Depuis quelques années, le Trano koltoraly malagasy tente et essaie, tant bien que mal, de remettre au goût du jour la célébration de cet événement.
Cette année, le cycle s'est renouvelé hier à 15 h 33. Pour la prochaine, le Nouvel An malgache sera fêté le 11 mars à 22 h 52.
« Avec l'avènement des nouvelles technologies, la date et l'heure où la terre et le soleil s'alignent sur une constellation zodiacale peuvent être déterminées par ordinateur », souligne Victorio Andriamihanta, coordonnateur du Trano koltoraly malagasy.
Toutefois, la méthode de calcul de la date ne fait pas encore l'unanimité parmi les traditionalistes de Madagascar. Il faut toutefois souligner que la célébration du Nouvel an malgache à Antananarivo ne concerne que les us et coutumes de cette partie de la Grande île.
Bon gré mal gré, loin des grands débats techniques et parfois identitaires que génère le « Taom-baovao malagasy », le célébrer permet de revivre une partie des traditions, de s'immerger dans l'authenticité de celles-ci.
Ancestral
Une pratique rituelle est ancrée dans le symbolisme et l'utilisation d'éléments comme l'eau, et le riz. Dans l'absolu, la célébration s'étale sur une période de un mois.
Le « fidiovana », le rite de purification, ouvre tout le cérémonial. Il doit embrasser tous les aspects de la vie de l'homme malgache. Du point de vue professionnel, social, spirituel ou bien autre, c'est une purification intégrale.
Ces rites comportent, bien sûr, des significations inhérentes à la tradition et à l'évènement qui est fêté. Empreint d'une vision universelle, le Malgache constate le caractère cyclique de la vie et des choses qui la marquent. D'ailleurs, cela se révèle à travers les nombreux proverbes.
Sans pour autant tourner en rond, la vie chez le Malgache est comme la roue, elle tourne tout en avançant dans une direction définie.
Le Nouvel An malgache apparaît donc comme le renouvellement de ce cycle, motivé par la continuité du « aina », le souffle vital.

Maminirina Rado

Samedi 24 mars 2012

L’Express

 

 Nouvel an malgache - Fête clôturée en grande pompe

 

Par Maminirina Rado, 24 Mars 2012

 

La fête du Nouvel An malgache 2012 s'est terminée, hier, à Andohalo sans étincelles. Rendez-vous l'année prochaine le 11 mars 2013.

 

Le premier jour du Nouvel An malgache a démarré par un crachin matinal, hier, au jardin d'Andohalo. Affalés sur des sièges en plastique, seuls une vingtaine de « fidèles » sont restés autour du « Afo tsy maty », le feu sacré.

 

« Voilà ce qu'il reste des vrais Malgaches », ironise quelque peu Victorio Andriamihanta, coordonnateur du Trano Koltoraly Malagasy. Il fallait du courage pour affronter une nuit par le froid qui commence à s'installer.

 

Des groupes de scouts sont ainsi venus prêter main forte aux riverains. Guitare, djembé et maracas en main, jeunes gens et jeunes femmes ont rivalisé de chants et d'improvisations. Ensuite, place aux rites pour la nouvelle année.

 

Elle a débuté par le « fafirano » initié par Dadafara, l'un des ainés du Trano koltoraly Malagasy, supplée par le président Henri Randrianjatovo et Victorio Randriamihanta, coordonateur.

 

La scène finale a été le « vary tondrahan-dronono sy tantely », à laquelle ont participé, avec la chance du débutant, les joggeurs matinaux.

 

Pas à pas

 

L'après-midi a été consacré aux cérémonies officielles. Qui a été suivi d'un grand spectacle en plein air, notamment avec le groupe Mpiarakandro, issu du concours Pazzapa.

 

Le président du Trano Koltoraly n'a pas manqué de souligner le caractère, « traditionnel et emprunt de la sagesse des ancêtres malgaches ». Lentement mais sûrement, cette fête traditionnelle commence à avoir un l'écho auprès de la population de la Capitale.

 

D'autant plus que cette année, la Commune urbaine d'Antananarivo a été partie prenante dans l'organisation. Dans les environs d'Ankadimbahoaka, on pouvait apercevoir des enfants porter des lampions.

 

Au niveau du Trano Koltoraly, il s'agit de rendre le tam-tam plus fort pour les années à venir. « Célébrer le Nouvel An malgache ne devrait pas être considéré comme de l'idolâtrie. C'est identitaire », ajoute Victorio Randriamihanta.

 

 

 

 

Publié dans Coutumes

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