Le sanglier et la grenouille.

Publié le par Alain GYRE

258 Le sanglier et la grenouille.
Recueillià Mandritsara

Les sangliers, dit-on, mangeaient souvent des grenouilles alors le chef des grenouilles se mit en colère contre le chef des sangliers et lui dit ·

« Tumangestousnosenfantsetnosparentsnousallonsnousbattre;réunistes camaradesetjeréunirailesmiens.

Demain,veneztoussurcettecollineentouréedemarais.»

Cediscoursfitgrandplaisirausanglier,carilespéraitcroquerbeaucoupdegrenouilles.

IIconvoquasescamarades.

Lelendemain,toutlemondeétaitaurendez-vous.

Les grenouilles cernèrent les sangliers et coassèrent fortement « Reheto, Reheto »
(attaquez, attaquez)

En entendant toutes ces voix, les sangliers furent épouvantés et prirent la fuite.

Alors, les kibobo (1) dirent toutes ensemble :

« Bobo-bobo, baboy, baboy » (capturez, capturez) 

La peur des sangliers redoubla, et ils accélérèrent leur fuite.

Les takatra (2), à leur tour, criaient « Taky, taky, takaro, takaro » (atteignez, atteignez)

Les cailles disaient aussi « Safeleho, safeleho » (entourez-les, entourez-les).

Devant un tel vacarme, les sangliers affolés se dispersèrent, mais le tsintsina se mit aussi à crier : « Ty, ty, inty, inty » (voilà, voilà)

Alors, perdant tout à fait la tête, les sangliers se réunirent tous et s'enfuirent dans la forêt.

Les pintades qui jusqu'ici étaient restées silencieuses dirent : « Tsarao, tsarao » (jugé,
jugé)

La peur des sangliers s'apaisa et ils résolurent de toujours vivre dans la forêt.

 

Voilà pourquoi depuis ils y demeurent.

 

(1) Espèce de caille.

(2) Oiseau de l'espèce du héron qui a la propriété fie faire de son nid une habitation.

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL (1866 – 1925)

Librairie Ernest LEROUX

PARIS

 

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