Le serpent-à-sept têtes et la tête d'argent

Publié le par Alain GYRE

58 Le serpent-à-sept-têtes et la tête d’argent.

 

            Le serpent-à-sept-têtes était un monstre : il avait tué Rainitsimamanga, qui avait voulu se battre avec lui.

Bien longtemps après, Tsimamanga, le fils de Rainitsimamanga, demande un jour à sa mère :

-Qui a tué mon père ?

-Je ne sais pas, répond-elle.

Souvent il repose cette question, et toujours elle répond la même chose ; elle a l’air d’avoir si peur, qu’à la fin, il ne lui demande plus rien.

C’st une vieille femme, amie de la famille, qui lui raconte la mort de son père. Alors, le jeune homme décide de tuer le serpent, il va voir le sorcier, qui consulte le sort, et lui donne un ody très puissant, le Volamanga ; c’est une petite tête d’argent, très fine qui a des reflets bleus.

            Tsimamanga se met en route avec le Volamanga : c’est la seule arme.

Le serpent habite loin, il faut traverser la mer pour aller jusqu’à lui. Mais Tsimamanga est tranquille, il a son ody : il arrive devant la mer et trempe Volamanga dans les vagues en disant :

-O Volamanga, si tu es vraiment le plus puissant des ody, aide-moi ; tu sais que je ne  pourrai pas dormir tranquille tant que je n’aurai pas vengé (1) mon père.

            Et la mer se retire pendant qu’il avance, puis se referme derrière lui.

 

            Il marche longtemps…Il arrive enfin devant une grande prairie remplie d’arbres et de fleurs. Il est très fatigué et s’arrête à l’ombre d’un tamarinier, près d’une source.après avoir bu, il monte dans l’arbre pour regarder au loin. Il voit une femme qui vient à la source, une cruche sur la tête. Elle se penche sur l’eau et voit son image :

-Comme je suis belle, dit-elle. Je ne savais pas que j’étais aussi belle. Je ne dois vraiment plus continuer à être la servante du serpent-à-sept-têtes. Une autre ira chercher l’eau à ma place.

            Puis elle jette sa cruche, qui se casse. Elle est pourtant très laide, mais Volamanga donne à l’eau des reflets qui rendent belle l‘image de tous ceux qui se penchent au-dessus de la source.

 

            La femme retourne chez le serpent. Une autre servante la voit et lui demande :

-Tu ne rapportes pas de l’eau ? Où est ta cruche ?

-On m’a suivie, j’ai couru, et je suis tombée…

            L’autre servante part à son tour à la source et se penche au-dessus :

-Ah ! Je comprends, dit-elle. Cette source est enchantée (2) . je sais bien que je suis une vieille femme, et je vois dans l’eau une très belle jeune fille.

            A ce moment, des branches de tamarinier bougent légèrement ; elle lève la tête et voit Tsimamanga dans l’arbre :

-D’où viens-tu, lui demande-t-elle ?

-Je viens de l’autre côté de la mer.

-Qui es-tu ?

-Rainitsimamanga était mon père : le grand serpent l’a tué ; et je viens pour le tuer à mon tour. Conduis-moi chez lui.

-Mais c’est lui qui te tuera ! Personne n’est plus fort que lui. Pars tout de suite.

-Je partirai quand j’aurai tué le serpent.

-Je suis sa servante et je ne veux pas qu’il soit tué.

            Elle se met alors à pousser de grands cris, et Tsimamanga, pour la faire taire, met Volamanga sur son front. Elle meurt aussitôt, Tsimamanga lui retire sa peau, et la met sur lui. Il pose la cruche sur son épaule, et marche en se tenant comme une vieille femme.

 

            Le petit serpent, fils du grand serpent, se tient devant la porte et voit venir cette « vieille ». il devine la ruse et va avertir son père ;

-Ce n’est pas Konantsitse, dit-il, et je veux tuer celui qui nous trompe.

-Eh bien moi, je n’en suis pas certain. Jette-toi sur elle et si elle est trop forte, c’est en effet quelqu’un d’autre.

            Le petit serpent et Tsimamanga se battent durement, et c’est le serpent qui tombe, tué par Volamanga.

-Tu as tué mon fils, dit le serpent ; et de ses narines sortent des flammes.

-Tu as tué mon père, lui répond Tsimamanga.

-Nous allons nous battre, et je vais te tuer !

-C’est ce que je veux. Mais c’est toi qui vas mourir, car je suis venu pour venger mon père.

 

            Dès le début du combat, avec Volamanga, Tsimamanga abt une tête du grand serpent.

-Ca m’est égal d’avoir perdu une tête, crie le serpent…Il m’en reste bien assez.

            Une deuxième tête tombe.

-Ca ne me fait rien, crie encore le serpent.

            Mais une à une, toutes ses têtes tombent. A la septième, il meurt. A ce moment, toutes ses servantes viennent remercier Tsimamanga, et lui demandent d’être leur maître :

-Tu nous as sauvées et nous voulons te servir jusqu’à notre mort, disent-elles. Toutes les richesses du serpent sont à toi.

-Eh bien, venez dans mon pays : j’habite de l’autre côté de la mer.

-Mais nous n’avons pas de bateau ; nous ne pourrons pas passer !

-Comme je suis venu, je retournerai chez moi.

            Ils arrivent au bord de la mer, avec tous les trésors du monstre ; Tsimamanga plonge son ody et l’eau se retire.

            Avant de rentrer chez lui, il envoie quelqu’un avertir sa mère de son arrivée, pour ne pas lui donner une trop forte surprise. Mais la vieille femme ne croit pas ce qu’on lui dit, et pense au contraire que son fils a été tué. Elle en meurt.

            Mais d’autres racontent que Tsimamanga et sa mère ont vécu heureux et riches…

 

 

Notes :

(1)   Se venger : punir celui qui nous a fait du mal.

(2)   Enchanté : magique.

 

 

Répondons aux questions :

Qu’a fait le serpent-à-sept-têtes ?

Comment Tsimamanga l’apprend-il ?

Pourquoi va-t-il voir le sorcier ? qu’est-ce que Volamanga ?

Quelles choses étonnantes peut-il faire ?

Pourquoi la première servante casse-t-elle sa cruche ?

Que fait Tsimamanga pour aller chez le serpent en cachette ?

Qui s’aperçoit de sa ruse ?

Que font les servantes du serpent après sa mort ?

Que devient la mère de Tsimamanga ?

 

 

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