Le Vontsira et la Tortue.

Publié le par Alain GYRE

250 Le Vontsira (furet) et la Tortue

Conte Bara

 

 

Rasokaky et Ndriambontsira étaient amis inséparables, dit-on.

Un jour ils se rendaient dans la forêt.

Ils rencontrèrent une ruche et s'arrêtèrent pour s'en emparer.

Mais la ruche étant sur un arbre très haut, les deux amis ne pouvaient l'atteindre.

Ils furent obligés d'essayer de monter.

La tortue grimpa la première mais elle tomba parce que l'arbre était lisse, et qu'elle ne savait pas grimper.

Ndriambontsira, à son tour tenta l'aventure, mais lui, il filait aussi vite que le chat.

Quand il fut hissé sur l'arbre, il s'installa pour manger le miel.

La tortue, au pied de l'arbre, ne pouvait que se lécher les lèvres, elle avait beau réclamer, le vontsira ne fit tomber que la lie (la cire) de ce qu'il venait de manger.

Emportée par la colère, la tortue essaya de grimper.

Elle grimpa cinq fois, mais cinq fois elle retomba sur le dos.

«  Tu verras », se disait-elle tout bas, et tout haut elle disait à Ravontsira :

« Remplis la calebasse, nous allons rentrer parce qu'il est tard. »

Alors le vontsira descendit quand la calebasse fut remplie.

Pour se venger, Rasokatra l'engagea à traverser un grand cours d'eau car le proverbe dit :

« Le châtimentdelafaimc'estd'êtrerassasié. »

« Il m'atrompée,jemevengerai,sedisaitlatortue.»

Ilsarrivèrentauborddel'eauetquittèrentleursalaka(1)pourpasser.

« Laisse-moiteportersurmondos »,ditlatortueauvontsiracartunesaispas nager.

Lenigaudfutcontentetseprécipitasurledosdesonamie.

«Laissonslacalebasse,jereviendrailachercheraprès,carjenepourraisteporteravecelle,celaseraittroplourd, » ditlatortue.

Quandlesdeuxamisfurentpassésdel'autre côté, la tortue revint, mais au lieu
de ramener la calebasse, elle s'installa pour se régaler de miel à son tour.

De l'autre côté Ravontsira (2) maudissait son compère, mais qu'aurait-il pu faire davantage, il ne savait pas nager!

Emporté par la colère, le vontsira décida de passer le cours d'eau mais fut entraîné par le courant.

Ce n'est pas moi qui mens, mais les ancêtres qui les ont vus.

 

 

(1)     Longuetoilequeleshommespassententrelesjambesetautourdesreins

(2)     (2) Ra signifie monsieur, monsieur le Furet.

 


Contes de Madagascar

Charles RENEL (1866 – 1925)

Librairie Ernest LEROUX

PARIS

 

Publié dans Contes de Madagascar

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