Lecture: Le don de livres lèse l’édition locale

Publié le par Alain GYRE

Lecture: Le don de livres lèse l’édition locale

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L’éditrice Marie-Michèle Razafintsalama suggère le don « maîtrisé » de livres

La chaîne du don est l’un des maux qui minent celle du livre à Madagascar. Quelques propositions pour y remédier sont avancées.

Les 20 et 21 mars derniers, en marge du Salon du livre de Paris, France, l’Alliance internationale des éditeurs indépendants s’est penchée sur la problématique du don de livres, lors d’un atelier dans le cadre des Assises internationales de l’édition indépendante.
Dans un état des lieux, Marie-Michèle Razafin­tsalama, présidente de l’association Afrilivres et patron des Éditions Jeunes malgaches (EJM), dresse une situation critique qui confirme le besoin « d’imaginer, aujourd’hui, une modernité du don de livres soutenant la dynamique des chaînes locales du livre, tout en apportant un appui aux bibliothèques ».
« Les impacts très négatifs sur l’édition locale sont très visibles. La production locale n’a augmenté que de 40% et est dominée à 42% par des ouvrages religieux (1 186 titres recensés en 2007 contre 1 667 en 2012). Les livres Jeunesse ont tout de même augmenté de 30%. Ce qui démontre le réel besoin de lecture dans la langue nationale. L’importation des éditions imprimées à l’extérieur a beaucoup baissé (18% en 2007, et 10,8% en 2012) », a-t-elle argumenté.
Prix abordable
Outre l’absence d’une politique du livre, l’incidence de la « chaîne du don » sur la « chaîne du livre » aggrave la situation des acteurs du livre à Madagascar. Sur le plan économique, le traitement de faveur accordé aux dons de livres pénalise les importateurs locaux de livres. Sur le plan psychologique, l’arrivée massive de livres dans les bibliothèques ne participe à l’enracinement d’une attitude positive vis-à-vis de la lecture et du livre.
Quelques propositions en faveur d’un « don maîtrisé » ont été formulées, lesquelles comprennent la formation des bibliothécaires dans la langue malgache, le renforcement de capacité des éditeurs pour une meilleure offre éditoriale, l’intégration des auteurs malgaches publiés dans le Nord et des livres sur les pays bénéficiaires dans la chaîne du don, l’achat de livres locaux afin de répondre à la demande et soutenir le développement de l’édition locale ainsi que l’intégration d’une partie des livres alloués au don dans le circuit des libraires dans le but de revaloriser le livre, et enfin vendre les ouvrages à des prix abordables.

Domoina Ratsara

Mardi 16 avril 2013

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

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