Les contes, les "angano", les "arira"

Publié le par Alain GYRE

Les anciens éduquaient leur descendance en leur racontant des histoires, le soir. De chaque récit, les enfants pouvaient tirer des leçons, apprendre de la vie. Les « angano » et les « arira » divertissent, ouvrent les enfants sur un autre monde, sur des cultures. Malheureusement, à l'heure actuelle, ce genre de récit risque de perdre la place qui lui revient face aux récits modernes et aux jeux électroniques.

Il était une fois,...Un jour...Ce sont les expressions ayant sans doute raffolé les enfants pendant un certain temps. Les contes, oraux ou écrits, font partie des richesses intellectuelles d'un pays. Ils tiennent un rôle très important dans l’éducation d’un enfant voire de l'ensemble de la société. C'est un outil permettant d'éduquer et de forger la personnalité de quelqu'un. Affinés au fil des générations, les récits d'aventures imaginaires permettent aux enfants d’avoir des repères qui les aident à dépasser leur peur et des explications simples des choses de la vie. Ils leur permettent aussi de se familiariser avec les grands thèmes tels que la vie et la mort, les us et coutumes, le courage et la lâcheté, la pauvreté et la richesse, le bien et le mal.
Par ailleurs, les contes ont un apport important dans l'accès au langage car ils explorent les mondes imaginaires qui attirent les enfants. « Les contes doivent être un outil qui favorise la langue et les langages. Dans un conte, on entend tous les mots et expressions qui ne sont pas courants. C'est également un instrument qui nous permet d'écrire les diverses langages malgaches à l'école. C'est là qu'on apprend aux enfants à la fois la diversité et l'unité du peuple malgache », affirme Mandimbisoa Mahalova Andriamanantena, un sociolinguiste et écrivain de l'Havatsa Upem.
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Force est aussi de constater que le conte est un support pédagogique dans la mesure où il rappelle des évènements passés : découvrir les cultures orales. Quand on parle de conte, la tendance est de revenir à une époque où nous n'étions pas encore pas né, et de parler de choses imaginaires. C'est justement la raison pour laquelle certains pensent que raconter une histoire est « démodé ». D'ailleurs, à l'heure actuelle et à cause des occupations journalières, les grands-parents, parents ou instituteur (trice) n'ont plus assez de temps pour raconter une histoire aux enfants, une situation qui entraîne essentiellement la dévalorisation de cette richesse séculaire.
Pourquoi donc, ne pas l'adapter à l'actualité et suivant la technologie pour ne pas s'en détacher Le sociolinguiste affirme qu'il n'existe pas d’enfants qui n'aiment pas les contes mais si on leur demande de choisir entre le conte et la télévision, la majorité vont choisir la télévision. Une tentative de traduction des contes en dessins animés a été faite selon l'écrivain Esther Randriamamonjy. Mais la cherté du coût constitue un obstacle. L'intérêt réside dans l'apprentissage des langues vu que les phrases, en dessins animés, sont claires, bien prononcées et faciles à comprendre. Pourtant, ceux qui sont en dehors de la ville et privés d'électricité n'ont malheureusement pas le choix. Ils respectent la coutume autour d'un feu de camp, le soir, avec grand-père pour écouter une histoire. Quoi qu'il en soit, les accrocs aux contes comme Esther Randriamamonjy, Harilala Ranjatohery,... sont
d'accord sur un point : « Les contes ne sont pas en voie de disparition seulement, il faut les adapter au contexte actuel ».

Michella Raharisoa

Mercredi 08 fevrier 2012

L’Express de Madagascar 08/02/2012

 

Publié dans Coutumes

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