Les enfants des rues à Antananarivo : L’art de survie

Publié le par Alain GYRE

Les enfants des rues à Antananarivo : L’art de survie            

Vendredi, 13 Juin 2014 

 

La moitié des 21.3 millions des habitants de Madagascar ont moins de 18 ans, un chiffre qui témoigne de la jeunesse de la population malgache.

 

Et pourtant, la jeunesse malgache est à l’agonie et au stade où en sont les choses, nous pouvons craindre l’avenir de notre nation. Car si la jeunesse d’aujoud’hui est l’avenir de notre pays, que pouvons-nous espérer en sachant qu’en 2013, 158.000 enfants en âge d’être scolarisés ne le sont pas, 1 million d’enfants malgaches souffrent d’une malnutrition chronique, 4.417 enfants ont été abusés ou maltraités. Et parmi ces statistiques nous pouvons compter les enfants des rues. De plus en plus nombreux à Antananarivo, ces enfants sont livrés à eux-mêmes et tombent souvent dans des activités illégales telles que les vols à l’arraché, la consommation de drogue...

 

Bien heureusement, ces enfants malgré les difficultés ne tombent pas tous dans la délinquance, certains se débrouillent pour gagner honorablement leur pain quotidien.

 

Tafita, un jeune garçon d’à peine 9 ans sillonne les rues d’Analakely la journée avec sa petite sœur Clara. Débrouillard et intrépide, il a un fort tempérament et une parfaite aisance à converser. Il propose donc aux passants de leur réciter un poème pour quelques sous. Toutes les personnes qui acceptent de l’écouter auront un privilège d’entendre le récit des évènements du 7 février à Ambohitsorohitra avec des rimes bien poignants. Orphelin de père, ce jeune garçon et sa sœur ne vont plus à l’école. Selon ses dires, sa mère recycle les bouteilles plastiques pour les revendre. Par son petit business, il gagne entre 1.000 à 10.000 ariary par jour. « L’argent que je gagne, je le mets dans ma tirelire, j’économise pour m’acheter un pantalon parce qu’il fait très froid en ce moment » nous confie-til.

 

Si Tafita compte sur son aisance avec les mots pour s’en sortir, Hery quant à lui profite de la jeunesse de son petit frère pour attirer la sympathie des gens. Le portant sur le dos, il mendie à l’arrêt de bus de Mahamasina « s’il vous plaît donnez-nous de l’argent pour acheter de la nourriture » supplie-il aux passagers des bus. Le ton de supplication qu’il emploie, son petit frère sur son dos, est le cocktail parfait pour attirer la sympathie des passants. « Il nous arrive de gagner jusqu’à 5.000 ariary par jour et on achète de la nourriture avec etle reste on le donne à notre mère ». L’aîné de 2 petits garçons, à peine 10 ans Hery, doit aider sa mère car trop occupé à boire de l’alcool, son père ne leur est d’aucune aide. Il est reconfortant de voir que malgré la difficulté, ces enfants des rues espèrent une issue favorable à leurs situations.

 

Y.L

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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