Les Hain-teny p.114 Thème du consentement (1ère partie)

Publié le par Alain GYRE

Les Hain-teny p.114

 

Thème du consentement

 

1          La jeune pousse du laingo, pincée, n’a pas été efficace

             La douce fille d’homme, pincée, n’a pas répondu.

            Je suis petite, mais je sais garder les paroles

             Je suis laide, mais ceux qui sont beaux me désirent.

5          Fatal présage de route, oie au bec fendu

             Mieux vaut rentrer que dormir près des méchants.

Repousses  des lianes sur les collines

Repousses des pistaches dans le sable

Il entend le bruit des pas de l’étrangère

10        Et nous chasse, nous qui étions la souveraine habituelle.

 

Vers 1-11 Une femme, que son amant abandonne, se plaint.

v.1.  le laingo est une liane dont les feuilles servent  à noircir ou à nettoyer les dents (laniala).

v.1-2. Le sens est : « Le laingo, coupé trop tôt, se venge en ne noircissant  pas les dents, mais la femme, quoique maltraitée, saura souffrir en silence. »

v.5 . L’oie au bec fendu symbolise un homme méchant et sournois.

v.6.  rentrer : revenir chez mes parents.

v.7-8 . Des repousses remplacent les lianes, les arachides arrachées ; ainsi un nouvel amour, dans le cœur de l’homme inconstant, a remplacé l’ancien.

 

1          Taro-daingo tsinongo tsy nandaitra

Zanak’olon’tsara tsinongo tsy namaly

Kely aho fa mahatam-bolana

Ratsy aho fa tsy aritry ny soa

5          Tamba-tety vorombe sima

Aleo mody toy izay handry amin’ny ratsy

Kolokolom-boavahy an-tanety

Kolokolom-boanjo am-pasika

Mandreny ny ngodongodom-bahiny

10        Ka manary anay tompon-tany

 

Le cardinal piaille, piaille dans la forêt claire

Il se pose sur la maison de Celle-que-je-veux-acheter.

Si je ne vous ai pas visitée jadis,

            C’est que vous me traitiez comme la marmite d’Imantavavy

15        Que bousculent les fous.

Les eaux ont débordé à l’Est de la maison de mon père

Les eaux ont débordé à l’Est de la maison de ma mère.

Elles débordent sans écume

            Elles tarissent sans laisser apparaître le sable.

20        L’écume de l’amour est passée

Il ne reste qu’à causer sur la couche.

Quand nous étions pareil au vent.

 

v.11. Ou « Je suis le cardinal qui piaille… ».

v.13. L’homme parle maintenant, s’adressant à Celle-que-je-veux- acheter. La femme qui se  plaignait ne reparaîtra pas.

v.14. Imantavavy : héros de conte : Celui-dont-le-riz-est-cru.

v.15. les fous : les enfants

v.16-17. le sens est : « Mes parents ont de grandes richesses».

v.20.  C’est-à-dire : «Mes autres amours n’étaient que l’écume passagère».

v.22-25. Il faut imaginer, entre les vers 21 et 22, une réponse de la femme – sans doute un refus. L’homme, maintenant, s’excuse : « Jadis, sans doute, j’ai eu beaucoup d’amours. Mais il me suffit aujourd’hui de rôder autour de vous ».

 

Fodilahy mitsiaka mitsiaka amin’ny ala mazava

Miantefa amin’ny tranon-dRatiakohovangaina

Tsy namangiako anao fahiren

Nataonao toy ny vilaniben’Imantavary aho

15        Ka tabatabain’ny adala

Tondraka ny rano atsinanan’ny tranon’ikaky

Tondraka ny rano atsinanan’ny tranon’ineny

Tondraka tsy namorivory

Ritra tsy nampiseho fasika

20        Vorivorim-pitia ka efa lasa

Fa ny dinidinika am-pandriana no sisa

Fony izahay fe rivotra

  

Il n’y a point de colline que nous n’ayons franchie,

Aujourd’hui, nous sommes un vent fatigué

25        Qui se fraie un chemin au pied du horondrano.

Si vous songez aux pierres de l’Imangabe

Nous ne sommes pas leur aîné, mais leur frère plus jeune.

Si  vous songez aux paroles que l’on s’offre

Recevez-nous : nous sommes votre parent

30        Les tubercules précèdent l’ambiaty,

Suis- je l’amie qui n’est pas aimée

Que vous me veniez réveiller quand le ciel à l’horizon est sombre ?

-           Les tubercules précèdent l’ambiaty.

Vous n’êtes pas l’amie qui n’est pas aimée

35        Et  je vous réveillerais quand le ciel à l’horizon est sombre ?           

 

v.25. horondrano : touffes d’herbes longues et lisses qui poussent à côté des rivières.

v.26. l’Imangabe est une colline près d’Ambohimanga, au nord de Tananarive. Les pierres de l’Imangabe sont le symbole des vieillards recueillis et savants. L’homme continue à s’excuser, avec ironie.

v.28. Aux paroles de politesse consacrées, pareilles à des cadeaux que l’on se présente.

v.30-32. Les merina attendent, pour planter le riz, que l’arbre ambiaty ait fleuri. Les tubercules qui poussent dans la terre avant la floraison de l’ambiaty se trompent d’époque, comme vous qui me réveillez trop matin, dit la femme (ou : … me recherchez quand je suis trop jeune) ».

 

Tsy nisy tendrombohitra tsy nihoaranay

Ary ankehitriny izahay efa rivo-tsasatra

25        Ka manavasava ny vodi-horondrano

Raha ny vato eny Imangabe no heverina

Tsy zokiny izahay fa zandriny

Raha ny teny ifametrapetrahana no heverina

Raiso izahay fa havanareo

30        Vody alohan’amhiaty

Vazo tsy tiana ve aho

Ka hofohazinao manga-bodi-lanitra ?

Vody alohan’ambiaty

Tsy vazo tsy tiako hianao

35        Ka hofohaziko manga-bodi-lanitra ?


 

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