Les jeunes d'aujourd'hui: Focus sur les métiers des enfants: le cas de Fano

Publié le par Alain GYRE

Les jeunes d'aujourd'hui: Focus sur les métiers des enfants : le cas de Fano

     

 

Samedi, 17 Novembre 2012

A Madagascar, il n'existe pas encore de limite d'âge pour entrer dans la vie active.

Tôt, très tôt même, dans les zones rurales ou dans les zones urbaines malgaches, des enfants de 7 à 17 ans travaillent pour aider leurs parents à subvenir aux besoins de la famille. Fano est l'un de ceux qui, dès son plus jeune âge, a abandonné les bancs de l'école pour aider son père à travailler.

A 16 ans, ce petit gaillard possède d'assez larges expériences utiles dans le domaine de l'élevage et de l'agriculture. Actuellement, Fano s'occupe des enfants en partageant son aventure, son histoire. Discret, simple, serviable, des qualités que nous, les gens de la capitale, semblons oublier dans notre quotidien. Originaire d'Imerintsiatosika, Fano quitte l'école à 8 ans (il était en classe de 9ème) et entreprend avec son père le dur métier d'agriculteur. Un lopin de terre qui n'arrive pas à satisfaire les besoins de la famille, Fano se tourne vers le gardiennage de zébus. Un métier dont il prend plaisir à nous faire partager l'expérience. " J'arrive chez mes employés, des voisins à 8h30 pour sortir les bœufs. Je les emmène vers les pâturages et je les ramène ensuite à l'étable vers 17h30 ". Un travail qui lui rapporte Ariary 40.000 par mois et qui permet d'avoir un minimum nécessaire à la maison, confirme-t-il.

Années après années, il agrémente son savoir-faire en s'essayant à d'autres petits boulots. Eleveur de poules pondeuses, bateleur, ouvrier dans le bâtiment, l'âge ne détermine guère la maturité du jeune homme. Sous sa casquette, une certaine curiosité s'installe. " Que deviendrais-je dans quelques années ? " Une question que bien des personnes formulent et reformulent tout au long de leur vie sans qu'ils en trouvent une réponse. Et Fano de continuer : " J'acquiers de l'expérience tout au long de la pratique de ces différents métiers et je ne songe pas m'arrêter à mi-parcours. Cependant, je dois faire le choix dans quelques années, faire quelque chose de stable ". Une envie, une volonté qui l'anime et le reste dépend des bienfaiteurs et des personnes conscients de la place du travail de l'enfant à Madagascar actuellement.

Les enfants constatent avec impuissance la difficulté assumée par leurs parents à la maison. Malgré le devoir et l'obligation des parents à éduquer leurs enfants, la situation prévaut une plus grande sensibilité et l'adoption de mesures drastiques par l'Etat et les organismes de développement. Comment faire ? Quelles mesures prendre ? Autant de questions qui restent sans réponse et qui nécessite la réaction rapide, et des autorités, et des acteurs. Bien que le cas soit isolé, le même principe régit la vie de nos jeunes concitoyens. A l'heure où les discours sur l'égalité des chances, la lutte contre la pauvreté et autres font des vagues, Madagascar et ses enfants se soutiennent, se mobilisent, quitte à abandonner l'école pour que la " famille " reste unie et combatte ensemble les réalités de la vie.

La Gazette

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