Les mines malgaches mises à nu à Bangkok

Publié le par Alain GYRE

GEMMOLOGIE INSTITUTE OF AMERICA : Les mines malgaches mises à nu à Bangkok

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Laurent Massi, directeur de la branche thaïlandaise de la Gemmologie Institute (GIA)

Un institut de recherche basé à Bangkok, dispose d' informations très étoffées sur les potentiels miniers de Madagascar. La Grande île a encore d'énormes réserves.

Ébahie. Les membres de la délégation malgache du Centre d'études diplomatiques et straté­gi­- ques (CEDS) ayant visité la Thaïlande il y a quelques semaines ont véritablement été impressionnés par la présentation faite par Laurent Massi, directeur de la branche thaïlandaise de la Gem­mologie institute of America (GIA), lors de la journée de Madagascar. C'est un institut de recherche spécialisé dans le secteur minier mondial et il dispose d’informations très pointues sur les gisements et surtout sur la qualité des pierres précieuses existant dans la Grande île. Photos à l'appui sur lesquelles figurent les mines, mais aussi des rubis et des saphirs multicolores, mêmes les produits issus des nouveaux sites qui ont récemment fait l'objet de ruées sauvages comme Didy, n'ont plus aucun secret pour le chercheur.
« Nous avons des chercheurs qui sillonnent tous les gisements miniers du monde entier et l'un d'entre eux a été récemment à Madagascar. Le saphir de Didy, par exemple, est d'une qualité rare à cause de sa clarté, la pureté et la diversité de ses couleurs et aussi sa taille », explique Laurent Massi, loin d'être gêné d'être visiblement mieux informé sur la situation du potentiel minier de Mada­gascar que les Malgaches eux-mêmes.
Origine et qualité
Le chercheur qui avoue n'être jamais venu à Mada­gascar ne cache pas son admiration pour les richesses qui existent à Madagascar. Sûr de lui, il affirme que la réserve malgache est loin d'être épuisée et que d'autres gisements aussi riches que Didy seront encore découverts plus tard. Son affirmation s'appuie sur la similarité entre la formation géographique du Srilanka et Madagascar, deux pays qui forment un tout avant que le mouvement tectonique des plaques ayant abouti à l’existence actuelle des continents ne commence.
« Au Srilanka, les gisements de rubis et de saphirs sont exploités depuis plus de 1000 ans et il y en a toujours. Les gisements découverts à Madagascar sont encore jeunes », soutient Laurent Massi.
Le directeur de la GIA affirme que les informations dont dispose son institut, ne servent pas à encourager les investisseurs ou les hommes d'affaires à aller dans tel ou tel pays, ni à établir le prix d'un produit. Son expertise sert uniquement à certifier l’origine et la qualité d'une pierre. Difficile d’avoir une certitude sur l'exactitude de cette information mais, en tout cas, notre interlocuteur avoue n'avoir aucune appréciation sur la valeur des pierres
d'origine malgache par rapport à ceux issus d'autres pays.
Madagascar dispose de l’Institut de gemmologie de Madagascar (IGM) et aussi du laboratoire national des Mines. Selon un responsable au sein du ministère des Mines, l'IGM a justement un partenariat avec la GIA et devrait donc disposer des mêmes informations que cet organisme américain.
« Comme ce sont des informations spécialisées, peu de gens s’y intéressent. Je ne pense pas qu'il y ait un problème dans l'accès à ces informations », soutient-il.

Mahefa Rakotomalala

Samedi 20 avril 2013

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

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