Littérature : Siméon Rajaona dépose la plume

Publié le par Alain GYRE

Littérature :  Siméon Rajaona dépose la plume

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Le Pr Hyacinthe Rajaona (à dr.), agrégé de médecine, a rendu hommage à son frère aîné

 

Le monde du savoir malgache a perdu l'un de ses plus éminents représentants, le Pr Siméon Régis Rajaona s'en est allé, dimanche. La fin d'une époque.

 

Vendredi, l'Université d'Antananarivo verra pour la dernière fois l'un de ses symboles. Décédé dimanche, un dernier hommage y sera donné au Pr Siméon Régis Rajaona. Un moment qui sera sûrement sous le signe d'un profond respect, et quelque part pour constater déjà le grand vide qui sera laissé par cet hyper éminent grammairien. La cérémonie débutera à 10 h selon les premières informations.

C'est une perte énorme pour le monde du savoir national, il fallait quand même s'y résoudre car ce grand homme était âgé de 87 ans quand il a rendu son dernier souffle. Le monde du savoir, universités et recherches, semble avoir été créé pour Siméon Régis Rajaona. Ses faits d'armes résument tout. Un des rares Malgaches à obtenir le fameux baccalauréat des lettres classiques avec mention assez bien, en 1946. Il a été le seul à obtenir l'agrégation de grammaire, en 1955, le seul Malgache qui a réussi la prouesse. Il a soutenu son doctorat d'État ès lettres à La Sorbonne, s'il vous plait, en 1970. Tous ces exploits, il a été le seul à les réussir, sans oublier que les Rajaona forment une famille d'intellectuels.

Génie du partage

Le professeur, qui pour un universitaire se souviendra toujours de cet homme simple achetant des ignames avec son petit sac au petit marché de l'arrêt de bus d'Ankatso, a aussi publié plusieurs ouvrages. Les plus connus de tous, les deux tomes de « Takelaka notsongaina » sortis entre 1961 et 1963, sont des livres dédiés à l'apprentissage scolaire.

Son premier écrit date de 1959, sur l'« Essai d'analyse de la structure de la pensée malgache. Examen de quelques notions», au Bulletin de l'Académie malgache. Sûrement, allant du corps professoral, de l'administration et jusqu’aux étudiants de l'Université d'Antanana­rivo, le cœur sera lourd, ce vendredi matin. Quelques larmes seront essuyées durant les discours d'hommage, de mémoire …

C'est ainsi que les gens simples quittent le monde, c'est par leur simplicité et leur humilité qu'on reconnaît les hommes les plus brillants. Rien que sa manière de vivre, bien au-delà de son savoir immense, constitue déjà un exemple pour la génération future. Pour le moment, sa dépouille mortelle se trouve à son domicile à Antsahabe.

 

Maminirina Rado

 

Mardi 25 juin 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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