Littoral Sud: l'eau, ce luxe longtemps inaccessible à Beheloke

Publié le par Alain GYRE

Littoral Sud : L’eau, ce luxe longtemps inaccessible à Beheloke

     

 

Mardi, 09 Octobre 2012

C’est une première dans le village de Beheloke, au sud de Toliara. L’unité de dessalement et de traitement d’eau qui vient d’y être mise en place, est une petite révolution dans le quotidien des 2 200 habitants, contraints depuis des années d’utiliser de l’eau salée puisée dans le sable, ou d’acheter de l’eau à des kilomètres.

Désormais, le village de Beheloke, situé sur le littoral Sud-Ouest de Madagascar, à 80km au Sud de Toliara, dispose d’eau potable, avec la mise en place d’une unité de dessalement et de traitement d’eau. Ses habitants ne sont ainsi plus contraints d’utiliser pour leurs principaux besoins, l’eau saumâtre puisée dans les puits de fortune creusés dans le sable. Car autrement, ils devaient parcourir une dizaine de kilomètres pour acheter de l’eau encore légèrement salée, à Ar 700 le bidon de 20 litres. L’unité de dessalement d’eau, fonctionnant à l’énergie solaire, la seule qui existe dans toute cette localité, permet à la population de consommer de l’eau potable et plus abordable, Ar 250 le bidon de 20 litres.

Quota. Cette nouvelle infrastructure pompe, traite et purifie jusqu’à 5 000 litres d’eau par jour et atténue nettement les difficultés des 2 200 habitants du village en matière d’accès à l’eau potable. Une quantité de production qui ne suffit pas encore à satisfaire les besoins, mais qui fait toute la différence dans le quotidien de ces villageois. Actuellement, les ménages ont droit à un quota de 20 litres d’eau par ménage tous les deux jours. En priorisant leurs besoins, ils consacrent cette quantité d’eau potable à la préparation des repas et à la consommation d’eau à boire. La nouvelle infrastructure de dessalement et de traitement d’eau allège ainsi le quotidien de cette population, notamment celui des femmes, en charge de la corvée d’eau. Le gain de temps, grâce à la disponibilité de l’eau potable dans le village permet à ces femmes de se consacrer à d’autres activités.

Comité de gestion. Fabriquée par la société suisse Trunz, cette unité de dessalement d’eau dont le coût des équipements s’élève à 60 000 francs suisse, a été installée par celle-ci, avec l’Association pour le Développement de l’Energie Solaire (ADES) qui a assuré tous les travaux : forage de puits, réservoir et watershop, l’ensemble des constructions abritant l’unité et les citernes. L’unité étant désormais propriété de la commune rurale de Beheloke, celle-ci en a confié la gestion à l’association communautaire « Vezo Mitsinjo ny Ho Avy ». Dans un souci de pérennisation du service, un comité de gestion de l’eau a été mis en place et formé par WWF, notamment en matière de maintenance. Quant aux usagers, ils ont été sensibilisés au respect des règles d’hygiène, d’utilisation et d’approvisionnement de l’eau.

Contraste. La situation difficile en matière d’eau potable, vécue depuis la nuit des temps par la population de Beheloke, contraste avec les richesses et ressources que renferme le littoral sud de Toliara où se trouve ce village. Cette zone à forte potentialité en matière de pêcherie est un lieu de reproduction des baleines. Elle est, malheureusement, touchée de près par les impacts du changement climatique qui ne sont pas sans conséquences sur les conditions de vie déjà précaires de sa population. Ce littoral constitue, par ailleurs, un des paysages marins les plus riches en biodiversité de Madagascar. 6 000 espèces marines, 10 espèces de mammifères marins, une centaine de coraux, 5 espèces de tortues marines, sans oublier le cœlacanthe, y ont été inventoriés.

En s’impliquant dans ce projet d’accès à l’eau potable, WWF intègre la dimension sociale dans la conservation de l’environnement. « C’est par la responsabilisation des communautés que nous pouvons assurer une gestion efficace de nos ressources naturelles. Ainsi, il est important que ces communautés puissent vivre dans des conditions de vie décentes. L’accès à l’eau potable est vital pour leur santé et leur bien-être. Cela cadre tout à fait avec la mission du WWF qui est de préserver l’environnement, en harmonie avec les hommes », explique Voahirana Randriambola, coordinatrice du programme Footprint de WWF Madagascar. A Beheloke, le projet d’accès à l’eau potable auquel le WWF s’est associé, en est une illustration. C’est ainsi tout naturellement que cet organisme, avec la Fondation Spar, a procédé le 4 octobre dernier, à son inauguration.

Hanitra R.

Midi Madagascar

Publié dans Revue de presse

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meranthe 09/10/2012 19:16

le prix est moindre par rapport à avant mais un peu moins cher ce serait mieux !!!

meranthe.c 09/10/2012 18:40

voila une bonne nouvelle pour la population !!!