Lutte contre l’érosion éolienne: Le « filao » est très indiqué

Publié le par Alain GYRE

Lutte contre l’érosion éolienne: Le « filao » est très indiqué

     

 

Samedi, 09 Mars 2013

Chaque année, des milliers de tonne de terre sont emportées par l’érosion et envasent les cours d’eau, les lacs, les rizières et jusque les océans. De nombreuses recherches sont effectuées pour lutter contre l’érosion. Non seulement des luttes mécaniques permettant d’utiliser des produits comme le pétrole, les filets, les blocs de pierres. Mais citons aussi les luttes biologiques. Dans ce dernier cas, certaines plantes sont testées et utilisées selon les conditions du milieu. Il y a le vétiver considéré comme « plante reine » dans la protection de l’érosion hydrique appelée aussi Vetiveria zizanioides par les scientifiques. Grâce à ses racines en touffe qui pourraient pénétrer profondément dans le sol, elle protège celui-ci contre l’érosion. Quant à la lutte contre l’érosion éolienne, le Missouri botanical garden (MBG) rappelle que le « filao » ou Casuarina equisetifolia est très efficace. Il assure la réduction de l’action du vent. Derrière le rideau de « filao », la fixation des dunes de sable se fait aussi avec les plantes rampantes comme le « lalanda » ou Ipomoea pes-caprae et des arbustes comme le Scaevola taccada.

En fait, l’érosion hydrique et l’érosion éolienne sont les deux types d’érosion qui font des ravages à Madagascar. Le premier est observé dans toutes les régions de l’île. Il paraît plus dévastateur, car au fur et à mesure que les gouttes de pluie pilonnent la terre dénudée, les particules de sol sont ramollies et emportées par le ruissellement. Quand à l’érosion éolienne, elle se rencontre surtout sur le littoral et provoque la formation des dunes mobiles et l’élargissement du désert dans la partie Ouest et Sud-ouest de l’île. MBG affirme que de nombreux articles et données publiés nous renseignent sur l’importance capitale des plantes dans la protection du sol. La destruction de la couverture végétale et le dénuement du sol entraînent l’érosion. Dans de nombreuses plaines de Madagascar tel que Tampoketsa, Alaotra, Betsimitatatra…, la formation des « lavaka » est très courant. Certains sont en cours de formation et certains s’agrandissent et s’approfondissent. Si le débat sur la formation des « lavaka » n’est pas clos, l’on peut tout de même avancer que l’érosion y participe. Le vétiver peut contribuer à remédier à cette érosion.

Dernièrement dans l’Itasy dans le cadre de la mise en œuvre du projet Bassins versants et périmètres irrigués (BVPI), des sous-projets de pépinières de vétiver et de protection végétative des berges dans les périmètres réhabilités ont été soutenus par ce projet. Pour la prochaine campagne donc, 45 000 m linéaires de vétiver sont prévus être mis en place, contre 15 000 pour cette campagne-ci qui vise 3 périmètres irrigués. A la suite de la réussite des essais de production de vétiver en 2010 dans l’Itasy, 5 sites de pépinières de vétiver ont été mis en place en 2012 dont la capacité de production est d’environ 3.000 mètres linéaires par pépinière.

Recueillis par Fanjanarivo

L’Express

Publié dans Revue de presse

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