Lutte contre la faim: l(eau et l'énergie sont primordiales

Publié le par Alain GYRE

Lutte contre la faim: L’eau et l’énergie sont primordiales

     

 

Mardi, 16 Octobre 2012

Dans l’Indice de la faim dans le monde (GHI 2012), l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) et ses partenaires recommandent de travailler sur des stratégies globales incluant 4 dimensions, soit la terre, l’eau, l’énergie et l’alimentation. Cet institut précise que ces stratégies reposent sur une gestion plus responsable des ressources naturelles par les gouvernements, une plus large diffusion des solutions innovantes pour l’utilisation des ressources rares et une prise en compte des facteurs qui contribuent aux pénuries des ressources naturelles, notamment le changement climatique. Si à Madagascar, on commence à intégrer le changement climatique dans les politiques et stratégies sectorielles, il l’est seulement au niveau institutionnel. La mise en œuvre sur terrain laisse encore à désirer pour beaucoup de secteurs. Pour d’autres, l’on en est actuellement à l’élaboration de normes, de textes comme c’est le cas pour les infrastructures hydro agricoles… Si l’on se réfère à la remarque de l’IFPRI sur la question, ces différentes étapes sont nécessaires puisque les stratégies englobant les 4 dimensions citées ci-dessus n’apparaissent pas spontanément. Il faut prendre le temps de les élaborer et de les mettre en œuvre.

Pour ce faire, les gouvernements devraient faire appel au savoir-faire et aux connaissances des spécialistes en eau et en énergie, aux chercheurs, aux médecins, aux agriculteurs, aux décideurs, aux économistes, aux nutritionnistes… En fait, il est possible de réduire la faim si l’on observe le cas de l’Angola, du Bangladesh, de l’Ethiopie, du Malawi, du Nicaragua, du Niger et du Vietnam. Ce sont les pays qui ont le plus amélioré leur score en matière de progrès de la lutte contre la faim entre 1990 et 2012. Sinon, l’IFPRI remarque que les pays et les régions présentant les niveaux de faim les plus élevés sont généralement ceux où l’accès et le droit à la terre, à l’eau et à l’énergie sont limités ou contestés. A Madagascar, la réforme foncière enclenchée depuis le milieu des années 2000 commence à améliorer l’accès à la terre. Il faut aussi noter la décision du régime actuel de ne pas octroyer des vastes terres aux investisseurs. C’est par souci de ne pas spolier les paysans et de réserver des terres pour répondre notamment à la croissance démographique. Quant à l’accès à l’eau, les grandes infrastructures hydro agricoles sont vétustes. Elles datent de la 1ère république, alors que l’entretien n’est pas le fort de l’Etat.

Or, les surfaces irriguées assurent 88% de la production rizicole et 70% de la production agricole totale selon les données du ministère de l’Agriculture. Si ces surfaces sont donc correctement irriguées, le pays devrait atteindre rapidement l’autosuffisance alimentaire et ambitionner de devenir un grand exportateur de produits agricoles. Mais ce n’est pas le cas pour le moment. Concernant l’accès à l’énergie moderne, il y a loin de la coupe aux lèvres. 80% des ménages utilisent encore le bois de chauffe et le charbon de bois. Un phénomène qui participe à la déforestation et donc à la dégradation des écosystèmes, laquelle nuit aux activités agricoles et donc à la sécurité alimentaire. Pour l’heure, aucune politique claire n’est en vue pour améliorer l’accès à l’énergie moderne.

Fanjanarivo

La Gazette

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