Madagascar, un exemple à suivre

Publié le par Alain GYRE

Madagascar, un exemple à suivre       

Mardi, 08 Avril 2014

« Madagascar est très en avance dans le développement de la filière haricot ». C’est ce que déclare Mathew Abang, coordinateur de l’Alliance panafricaine pour la recherche sur le haricot (PABRA) dont Madagascar est membre à travers le Centre national de recherche agricole pour le développement rural (FOFIFA). C’était hier à l’Ibis lors de l’ouverture de la 18ème réunion du comité de pilotage de la PABRA. Ces avancées s’observent dans la mise en place de 2 plateformes innovantes, l’une dans le Vakinankaratra et l’autre dans le Menabe. Ces plateformes regroupent les acteurs de la chaîne de valeur haricot. Elles favorisent les partenariats entre ces acteurs. Le coordinateur de la PABRA trouve d’ailleurs que les plateformes malagasy sont parmi les rares de ce genre à être très actives en Afrique. Il note ainsi l’organisation périodique d’un festival haricot à Miandrivazo, une initiative des acteurs de la filière. Les plateformes oeuvrent pour la promotion de la production, une production de qualité et en quantité suffisante répondant aux exigences des marchés, l’accroissement des revenus des producteurs, la lutte contre l’insécurité alimentaire via la sensibilisation pour la consommation de haricots.

 

Ces plateformes vont pérenniser les projets. Elles deviennent la propriété des acteurs de la filière. A terme donc, il ne sera plus question de projet ou de FOFIFA ou de tout autre partenaire d’appui, vu que ces entités sont des membres de ces plateformes comme d’autres. De son côté, le ministre de l’Agriculture, Roland Ravatomanga affirme que la filière haricot présente plusieurs opportunités. Il cite la lutte contre la malnutrition et la sous-nutrition le haricot étant riche en protéines, en potassium, en fer, etc. A Madagascar, la moitié des enfants de moins de 5 ans sont atteints d’une malnutrition chronique. Le haricot peut contribuer à y remédier. Il améliore aussi le revenu des paysans. Mais pour ce faire, le ministre avance qu’il faut adopter des techniques innovantes, utiliser des semences de qualité… C’est ici que le FOFIFA, membre de l’ECABREN (Réseau de recherche sur le haricot en Afrique de l’est et du centre), l’un des réseaux régionaux de la PABRA, intervient. Son directeur général, Lala Razafinjara précise : « Notre adhésion à l’ECABREN a permis d’augmenter la production et sa qualité tant pour le calibre que pour la couleur et aussi pour la composition des micronutriments ».

 

En 2 ans, Madagascar a produit une quantité de semences 1 000 fois supérieure à celles des années précédentes grâce à la coopération des différents acteurs et aux formations et suivis effectués par le FOFIFA. Mais le DG du FOFIFA estime qu’il ne faut pas dormir sur ses lauriers : « De nouveaux défis comme le changement climatique attendent. Ils nous obligent à développer des variétés adaptées à ces problèmes. Dès maintenant, il faut avoir une vision pour la filière pour l’horizon 2050 ». Si au début, le FOFIFA n’intervenait que pour la production de semences souches pour les multiplicateurs semenciers, il a dépassé ce stade pour travailler étroitement avec les paysans. Après la chute vertigineuse en 1990 avec un volume de 36 000 t, la production a augmenté pour se stabiliser autour de 80 000 à 90 000 t.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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