Madagascar vote pour le premier tour de la présidentielle

Publié le par Alain GYRE

Madagascar vote pour le premier tour de la présidentielle

 (25-10-2013)

Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 (03H00 GMT) à Madagascar pour le premier tour d'une élection présidentielle qui doit permettre de sortir le pays de la grave crise dans laquelle il est plongé depuis le renversement du président Marc Ravalomanana en 2009.

 

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Un Malgache vote lors de la présidentielle, le 25 octobre 2013 à Antananarivo

© AFP

 

Quelque 7,8 millions d'électeurs malgaches sont appelés aux urnes pour départager 33 candidats. Les 20.001 bureaux de vote doivent fermer leurs portes à 17H00 (14H00 GMT), les premières tendances étant attendues dans la nuit.

 

La journée a débuté calmement dans une école élémentaire du quartier d'Ampasandratsarahoby à Antananarivo. A l'ouverture, seuls les officiels et scrutateurs étaient présents.

 

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Des observateurs internationaux prêts à superviser les élections malgaches, le 23 octobre 2013 à Antananarivo

© AFP

 

Les responsables des deux bureaux de vote ont d'abord brandi les urnes de plastique transparent. "Je ne vais pas faire beaucoup de discours, vous voyez que c'est vide", a lancé l'un d'entre eux, Andriamady Jean Ramahefason Daniel, avant de les sceller.

 

Les premiers électeurs sont alors arrivés peu à peu, leur carte d'électeur en main. Principale difficulté: ne pas déchirer les grands bulletins de vote en les détachant.

 

"J'ai choisi de voter tôt le matin parce que j'ai beaucoup de choses à faire pendant la journée. Ce n'était pas très très compliqué, ça m'a juste pris une minute environ pour voter. J'ai appris l'usage du bulletin unique grâce aux explications à la télé", a témoigné Fara (qui n'a pas voulu donner son nom de famille), quatrième électrice du bureau n°2.

 

Les Malgaches utilisent pour la première fois ce grand bulletin sur lequel figurent les noms des 33 candidats.

 

 

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Le candidat malgache Robinson Jean Louis à Antananarivo, le 23 octobre 2013

© AFP

 

"Je vois que jusqu'à maintenant, l'élection se déroule dans le calme. Les gens ne se pressent pas pour l'instant, mais je crois qu'il vont venir au cours de la journée. (...) C'était facile de voter", a dit Alain Yves, un autre électeur.

 

"Je crois que cette élection va sortir Madagascar de la crise", a-t-il ajouté, refusant de dire pour qui il a voté.

 

Pour la plupart des Malgaches, le scrutin doit être un premier pas pour sortir de la grave crise politique, économique et sociale dans laquelle leur pays, mis au ban des nations, est plongé depuis l'éviction de Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, en mars 2009.

 

Faute de sondages, il est difficile de faire des pronostics. Si certains candidats se voient gagner dès vendredi, tous les observateurs interrogés par l'AFP s'attendent à un second tour, prévu le 20 décembre avec des élections législatives.

 

Andry Rajoelina n'a officiellement pas de favori, mais son entourage a activement soutenu son ancien ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina, qui a bénéficié de gros moyens et a pu s'exprimer sur de nombreuses chaînes de télévision mercredi soir, alors que s'achevait la campagne officielle.

 

Problème: trois candidats sont directement issus du TGV, le parti de l'actuel homme fort de Madagascar.

 

M. Rajaonarimampianina court donc le risque d'être éliminé au premier tour, alors que le camp de Marc Ravalomanana --qui vit en exil en Afrique du Sud, après avoir présidé Madagascar de 2002 à 2009-- s'est rassemblé autour de Robinson Jean Louis, un médecin qui a été son ministre de la Santé.

 

Selon la Banque mondiale, la croissance de Madagascar a été nulle sur la période de 2009-2013, alors qu'elle était de 5% en moyenne avant la crise, sous Marc Ravalomanana.

 

La population continuant à augmenter, le revenu par habitant est retombé à son niveau de 2001, et plus de 92% des Malgaches vivent désormais avec moins de 2 dollars par jour. Certains indicateurs sont franchement alarmants: plus de la moitié des enfants connaissent par exemple des retards de croissance, conséquence d'une malnutrition chronique.

 

Les autorités malgaches assurent que le scrutin pourra être mené à bien sans problème, mais les observateurs craignent des cafouillages en raison des difficultés de préparation dans les zones isolées, voire des fraudes.

 

 

 

 

© AFP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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