Mahajanga: La ville perd de ses éclats

Publié le par Alain GYRE

Mahajanga: La ville perd de ses éclats       

Jeudi, 17 Avril 2014

Mahajanga ou la cité des Fleurs n’a aujourd’hui de florissant que son nom. Etant une des plus belles villes de Madagascar et destination numéro un du tourisme national, elle a énormément perdu de ses atraits.

 

Les conséquences de ces années de crise se font sentir dans la ville. Les rues sont envahies par des nid-de-poule, assimilables à celles d’Antananarivo. Les témoins d’un cruel manque d’entretien en somme. Sans parler de la propreté de la ville car les ordures commencent à s’amasser dans certains sites comme à Mahabibo. Outre les ramassages des ordures, l’archaïcité des infrastructures sanitaires engendrent de véritables problèmes sociaux. En effet, de nombreux foyers ne disposent pas de sanitaire en bonne et due forme provoquant ainsi des odeurs insoutenables. Situation problématique car la plupart du temps, les propriétaires disent ne pas avoir de l’argent pour améliorer leurs infrastructures sanitaires et ce sont les riverains qui en sont les victimes. Ces problèmes sont surtout récurrents dans les bas quartiers tels que Tsararano.

 

Outre les problèmes sanitaires, on constate une véritable lacune dans la gestion de la ville. Les vendeurs commencent peu à peu à envahir les rues, la circulation de plus en plus dense. La situation de Mahajanga devrait être prise en considération très vite avant que cela devienne irréversible.

 

A l’approche des fêtes de Pâques, les vacanciers commencent peu à peu à venir dans la ville et le moins que l’on puisse dire est que Mahajanga n’est pas prête à accueillir autant de monde. Qui plus est, la plage sera l’endroit de prédilection des vacanciers ainsi que des habitants de la ville les jours des fêtes. Le week-end dernier, un drame s’y est produit à savoir, la noyade de deux lycéens. C’est sur un ton de crainte que les habitants de la ville s’apprêtent à accueillir ces fêtes. Le décès de ces deux adolescents a mis aux devants l’insécurité des plages majungaises et le manque d’infrastructure sur place. En effet, rappelons que ces adolescents ont été encore en vie après être sortis de l’eau mais c’est le voyage de la plage à l’hôpital et l’absence des premiers secours qui leurs ont été fatal. La plage de Mahajanga ne dispose pas d’infrastructure pour prétendre accueillir une aussi grande masse de la population et chaque année, ce sont des milliers de vies qui sont en danger.

 

En plus de tout cela, la ville de Mahajanga repose sur une poudrière qui ne demande qu’une étincelle pour exploser. Outre le problème de l’Université de Mahajanga qui a assez duré, à l’approche des vacances, les litiges entre les taximen et les conducteurs de Bajaj continuent de plus belle. A l’aube de la sortie de la crise politique malgache, il est fort à craindre que la ville sombre dans une nouvelle crise sociale.

 

Y.L

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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