Mahaka, Kotofetsy et la vieille bergère.

Publié le par Alain GYRE

198 Mahaka, Kotofetsy et la vieille bergère.
(Imerina)

 

Mahaka, Kotofetsy et la vieille bergère.

Kotofetsy et Mahaka battaient la campagne ensemble.

A la tombée de la nuit, ils virent la maison d'une vieille qui avait, dans: un petit parc, un troupeau de moutons à grosse queue (1).

Tous les deux entrèrent dans le parc, coupèrent toutes les queues des moutons, puis vinrent demander, l'hospitalité à la vieille.

Celle-ci les fit entrer,. étendit sur le plancher une natte pour eux, et, lorsqu'ils se furent assis, leur dit :

« Eh ! bien, mes enfants, qu'avez-vous apporté pour manger? Donnez-le moi pour que je le fasse cuire, car la nuit approche. »

Kotofetsy et Mahaka donnèrent les queues de mouton dont la vieille ne soupçonnait pas la provenance.

Lorsque le repas fut cuit, on servit les queues avec du riz.

Pendant qu'ils mangeaient, Kotofetsy et Mahaka, dirent à la vieille :

« Dites ceci en avalant la viande de mouton »: « Paopao (2) ! ô Besavily (3), on peut sans crainte manger ses propres biens. »

Et la vieille, à chaque bouchée de mouton, répétait cette phrase en elle-même.

Le lendemain matin, Kotofetsy et Mahaka quittèrent la vieille de très bonne heure.

Celle-ci alla chercher ses moutons pour les conduire au pâturage, et, chemin faisant, elle s'aperçut avec stupéfaction qu'on leur avait coupé la queue.

Elle devina alors le sens de la phrase qu'on lui avait fait prononcer la veille ; et sa tristesse s'accrut en pensant qu'elle ne retrouverait pas ses mystificateurs.

(1). Le mouton de Madagascar possède une queue longue et très large qui est excessivement grasse et dont les Malgaches sont très friands.

(2) Exclamation

(3). Littéralement : be, beaucoup ; savily, balancement. On donnait autrefois ce nom aux moutons à cause du balancement de leur large queue.

Contes populaires malgaches

Recueillis, traduits et annotés par

Gabriel FERRAND

Editeur : E. Leroux (Paris) 1893

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