Malnutrition : danger multisectoriel !

Publié le par Alain GYRE

Malnutrition : danger multisectoriel !                    

Mardi, 24 Juin 2014

Depuis de longues années et pour on ne sait combien de temps encore, la sécurité alimentaire reste un défi majeur à relever dans le pays. La Grande île figure dans la liste des 36 pays les plus touchés par la malnutrition sous toutes ses formes. En 20 ans, de 1992 à 2012 plus exactement, les statistiques officiellement établies font état d’une moyenne de 50% en ce qui concerne le taux du phénomène de la malnutrition qui frappe pratiquement toutes les couches sociales vivant en milieu rural comme en milieu urbain. A l’exception peut-être des classes aisées évoluant majoritairement dans les grandes villes, pourtant les plus exposées dans une certaine mesure aux conséquences néfastes de l’alimentation par excès, sur les plans médical et social s’agissant notamment de ceux atteints de l’obésité dès l’enfance…

 

A ce propos, justement, les statistiques officielles accusent que 47,3% des enfants malgaches de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition chronique, dont 18,1% de forme sévère. Résultats de ce concours de mauvaises circonstances, 51% des enfants évoluant en milieu rural confrontés aux problèmes liés au retard de croissance (conséquence directe de la malnutrition) contre un taux estimé à 43% pour ceux vivant en milieu rural. Il faut aussi signaler, dans le même ordre d’idées, que la malnutrition chronique est responsable à Madagascar de la perte de plus de 10% du revenu chez les adultes en âge d’exercer une quelconque activité à caractère lucratif. Ce qui favorise, en matière d’analyse macroéconomique, la chute de la productivité de la population active qui se manifeste par la baisse de l’ordre de 3% du produit intérieur brut (PIB) au cours des dernières années…

 

Compte tenu de cette situation plus qu’alarmante qui perdure sur l’île dans ce domaine-ci, la journée nationale de nutrition, célébrée cette année dans la capitale du Menabe (les 20 et 21 juin derniers à Morondava), entend se constituer en instrument à la disposition de tous acteurs se sentant impliqués, permettant le changement de comportements souhaité au niveau de la base de la société, mais aussi et surtout la réorientation des politiques publiques préconisées jusqu’ici par les régimes successifs. Ainsi, l’Office National de Nutrition, à travers la célébration de cette année qui coïncide avec celle de journée mondiale des actions pour le renforcement de la nutrition, s’était fixé l’objectif principal de briser le cercle vicieux du phénomène de la malnutrition.

 

Pour ce faire, cette entité figurant parmi les organismes rattachés à la Primature adopte une approche multisectorielle et multi-acteurs. Il s’agit, en plus concret mais de façon sommaire, d’étudier ledit phénomène dans toutes ses dimensions possibles (sociale, économique, structurelle, infrastructurelle, etc.) pour pouvoir en définir les solutions qui s’avéreront par la suite les mieux adaptées. Bref, agir de manière à ce que le plus grand nombre prenne conscience de la gravité de ce même phénomène, notamment sur le plan du développement socioéconomique. Plus facile à dire qu’à faire, surtout à défaut d’une réelle volonté politique de changer les choses, de la part des dirigeants en poste…   

 

A.          D.

La Gazette

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