Manampatrana: Le droit foncier affecte les droits humains

Publié le par Alain GYRE

Manampatrana: Le droit foncier affecte les droits humains         

Jeudi, 09 Octobre 2014

Le foncier au profit du développement humain. Pourtant, dans plusieurs régions de la Grande Ile, les populations locales rencontrent souvent des problèmes relatifs au foncier. De plus, depuis la facilitation de la délivrance des permis d’exploitation, plusieurs habitants ont des difficultés par rapport aux territoires villageois. Selon Fidimalala Randriamandimbisoa, fondateur de Fiantso Madagascar, le droit foncier affecte les droits humains.

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Comme le cas de Manampatrana, les activités traditionnelles des habitants locaux ne sont plus respectés. Pire encore, on exploite les ressources non renouvelables, notamment l’or sur les parcelles de culture. C’est ainsi que le fondateur de cette association demande si le développement local de Madagascar se fait à partir de l’exploitation de ces ressources non renouvelables (or, ilménite…) ou celles renouvelables (l’agriculture…). Plusieurs sujets et questions ont animé l’atelier qui s’est tenu depuis avant-hier à Ibis Ankorondrano, dans le cadre de la réforme foncière.

 

Selon ce représentant de la société civile, les activités traditionnelles doivent être valorisées et respectées. Ce qui fait que les permis d’exploitation devraient être délivrés après avoir tenu compte des activités des populations locales des régions concernées et ce, à part les études d’impacts environnementaux. A cette occasion, il fait appel aux responsables de ce secteur, notamment l’Etat de ne pas ignorer les activités stratégiques locales qui participent pleinement au développement du pays. Faut-il rappeler que le secteur agricole est pratiqué par plus de 70% des habitants locaux ? Ce qui signifie qu’il participe au développement de l’économie. De plus, cette stratégie participe et mène vers l’autosubsistance de Madagascar en matière agricole.

 

A Manampatrana, plus précisément dans le fokontany Amboanjobe centre, malgré le verdict du tribunal qui a saisi les matériaux d’exploitation de la société chinoise Hainane, cette dernier continue à l’heure actuelle à exploiter dans d’autres endroits, notamment sur la rivière locale qui constitue pourtant la source de vie pour la population locale.

 

A cet effet, une vingtaine de foyers sont victimes  et une famille est composée en moyenne de 6 personnes. De plus, des forêts, des rizières, des parcelles de cultures sont anéanties sans parler des endroits dits sacrés. Cependant, la société ne dispose que d’une autorisation d’exploitation sur un carreau minier de 3 km_. De plus, l’autorisation consiste seulement en un permis d’exploitation de petite mine, alors même qu’elle use de gros engins.

 

Bref, l’intérêt de cet atelier vise en quelque sorte à valoriser le droit et le savoir traditionnels. Raison pour laquelle, Eric Raparison, coordonnateur national  de la Solidarité des Intervenants sur le Foncier (SIF), a affirmé qu’on devrait avoir une synergie des politiques sectorielles. Une vraie politique foncière est basée sur trois points dont l’accès à la terre, l’utilisation de la terre c'est-à-dire l’aménagement et la sécurisation du droit.

 

Notons que Madagascar a connu une réforme en 2005, basée sur la démocratisation du foncier. Celle-ci signifie, à cette époque, la responsabilisation de la communauté locale sur la sécurisation du droit. Le but de cet atelier est de trouver une solution équitable pour une vraie politique pour Madagascar. Aussi, ce forum foncier africain constitue une opportunité certaine pour évaluer l’impact dudit document et faire des recommandations pour les travaux futurs en matière d’initiatives régionales.

 

A titre d’information ce Forum foncier africain de l’International Land Coalition qui a pour thème

 

« La réforme foncière, l’équité et la transformation : le rôle du document et lignes directrices sur la politique foncière en Afrique », a vu la participation de 18 pays africains et des partenaires ainsi que des sociétés civiles.

 

R.V.

La Gazette

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