Manjakamiadana: les flammes attaquent la colline royale

Publié le par Alain GYRE

Manjakamiadana : Les flammes attaquent la colline royale

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Les lances des sapeurs-pompiers faisaient également office de corde de sécurité lors de la périlleuse intervention d'hier

Un mégot de cigarette a provoqué un embrasement sur le flanc ouest de Manjakamiadana, hier. Le temple historique d'Ambonin'Ampahamarinana a été sauvé de justesse.

Il est 15h30 en contre-bas de la colline royale de Manjakamiadana. Les regards sont rivés sur les flammes déferlant sur près de 1500 mètres carrés sur le flanc ouest, à quelques centaines de mètres du palais. Alors que des coups de téléphone à n'en plus finir parviennent au centre de traitement d'alerte des sapeurs-pompiers à Tsara­lalàna, le feu se répand à une vitesse folle. En un éclair, des flammes se dressent à moins de 4 mètres de la clôture du temple FJKM Ambonin'Ampahamarinana, classé patrimoine national, du fait qu'il a marqué l'histoire du christianisme à Mada­gascar. Fort heureusement, les feux sont retenus in extremis par une ruelle étroite desservant la colline.
En attendant que les soldats du feu viennent à la rescousse, la pasteur de l' édifice religieux, muni de seaux d'eau se bat tant bien que mal, contre l'incendie qui avance à grands pas vers le collège d'enseignement secondaire Avaradrova, aux côtés d'une dizaine d'enfants.
« C'est l'un des fidèles qui m'a alerté. L'embrasement faisait déjà rage lorsque je suis allé voir ce qui se passe», relate le pasteur Nehémie Rasolo­manana. À l'entendre un feu de brousse a déjà été évité de justesse sur ce même endroit la semaine passée.
Rochers glissants
Chargé de 3000 litres d'eau, un fourgon pompe-tonne de la caserne de Tsaralalàna, est très vite arrivé sur les lieux. Un véritable parcours du combattant attendait néanmoins les sept soldats, envoyés sur les rochers glissants et la paroi presque à la verticale d'Ampaha­marinana, depuis laquelle ont été balancés les chrétiens lors de la chasse aux sorcières, à l'époque royale.
Casques de protection sur la tête et bottes ignifugées aux pieds, ils ont bravé la mort, en attaquant les flammes alors que les seules broussailles sur lesquelles ils pouvaient s'accrocher étaient en feu.
Au bout d'une heure et demie, ils sont venus à bout du feu de brousse.
« Les sapeurs-pompiers ont sauvé un temple », soupire la pasteur Nehémie Rasolo­manana, lorsque le danger a été écarté.
Selon des recueils de témoignages, un mégot de cigarette, lancé dans les brous­sailles par un individu imprudent qui a emprunté la ruelle, serait à l'origine de l'embrasement.

Seth Andriamarohasina

Jeudi 25 octobre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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