Maria Raharinarivonirina : Le prix de la femme

Publié le par Alain GYRE

 

Maria Raharinarivonirina : Le prix de la femme

 

Elle a remporté le 16 octobre dernier pour l’association SOS Village d’Enfants les 25 000 euros du prix Women For Change 2013. Une somme qui lui permettra de mener à bien son projet de création de six maisons communautaires destinées à la promotion des femmes du Grand Sud.

 maria.jpg

Distinguée parmi cinq femmes africaines porteuses chacune d’un projet humanitaire, l’avocate Maria Raharinarivonirina s’est vu décerner en octobre dernier le prix Women For Change créé par Women’s Forum et la Fondation Orange, en collaboration avec le magazine français Marie-Claire. Grâce aux votes des internautes, elle a obtenu un total de 10 000 voix, ce qui lui a permis de recevoir un prix de 25 000 euros (75 millions d’ariary) au nom de l’association SOS Village d’Enfants Madagascar dont elle est la présidente du conseil d’administration.

 

Une somme destinée à créer six « maisons des femmes » dans le Grand Sud de l’île. « En théorie, Madagascar figure parmi les pays africains où les droits de la femme sont les plus respectés. Mais dans les villages les plus reculés, c’est loin d’être une réalité, malgré toutes nos années passées à faire avancer les choses sur le terrain. » D’où l’idée de ces six structures destinées à mieux sensibiliser les populations rurales au problème et qui seront implantées dans les districts de Bekily, Tsihombe, Ampanihy, Ambovombe, Beloha et Betioka.

 

Le projet a vu le jour en 2011 dans une de ces situations de famine que connaît encore le Sud du pays. Les districts choisis connaissent par ailleurs des taux d’illettrisme, de pauvreté et de polygamie élevés. « Le statut de la femme est encore trop souvent réduit au ménage et à la procréation, sans parler des violences de toutes sortes », fait valoir l’avocate. Grâce à ces maisons communautaires, plus de 800 femmes pourront s’initier aux nouvelles technologies comme le téléphone portable solaire ou les cuiseurs solaires fabriqués artisanalement. Elles auront aussi la possibilité de monter leurs propres projets grâce au système de microcrédit et à des formations simplifiées en gestion, dans le but ici d’obtenir un début d’autonomie financière. À Ampanihy, par exemple, réputé pour la fabrication des tapis mohair, cela passe par des formations au tissage, mais également par l’élevage de volailles, activité très porteuse dans le Sud. « Le plus important reste toutefois l’alphabétisation, préalable à toute forme d’émancipation », rappelle Maria Raharinarivonirina.

 

La sensibilisation ne concerne pas uniquement les femmes, elle inclut également les chefs de villages, les notables locaux, les chefs de famille, les jeunes et les enfants afin que le projet passe réellement au niveau communautaire. « Je ne tiens pas un discours féministe, loin de là. Je pense simplement que la femme est actrice de changement à condition qu’on lui donne les moyens d’exprimer ses talents. C’est aussi une simple question de justice. » Un plaidoyer qui n’a pas laissé indifférent les organisateurs du prix Women For Change, prix qui vient s’ajouter à celui des Droits de l’Homme qui lui avait été décerné lors du cinquantenaire des indépendances africaines.

 

 

 

 

Aina Zo Raberanto

(article publié dans no comment magazine n°49 - Fevrier 2014 ©no comment éditions)

No comment&éditions est une maison d’édition malgache créée à Antananarivo en novembre 2011.

Elle publie principalement des livres sur Madagascar.

Ils sont distribués en librairie à Madagascar et en France.

Coordonnées à Madagascar : 2, rue Ratianarivo, immeuble Antsahavola, Antananarivo 101 - +261 20 22 334 34.

Coordonnées en France : 58, rue de Dunkerque, 75009 Paris - 06 12 75 51 06.

http://www.nocomment.mg

www.nocomment-editions.com

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article