Matière première : La soie sauvage menacée d’extinction

Publié le par Alain GYRE

Matière première : La soie sauvage menacée d’extinction

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La soie sauvage est l’une des matières premières souvent utilisées par les artisans

Le feu de brousse et le changement climatique détruisent les habitats naturels des vers à soie sauvages. La production a chuté de 50 % en 2012.

Une catastrophe.
La soie sauvage de Madagascar risque de disparaître définitivement. Les vers qui pro- duisent cette matière première pourraient ne plus exister dans quelques années. C’est l’impact de plusieurs facteurs dont la disparition rapide de leurs habitats naturels à cause des feux de brousse. Mais le changement climatique avec la hausse de la température dérègle complètement leur système biologique. Par ailleurs, depuis près de deux ans, l’invasion de criquets aggrave considérablement la situation car les sauterelles s’attaquent aux végétations qui servent de nourriture aux vers à soie, comme les mûriers.
« Les vers à soie sont des insectes et sont, de ce fait, très vulnérables à ces problèmes. Nous nous approvisionnons en soie sauvage dans tout Mada­gascar, comme à Toliara, et la quantité de matière première a déjà chuté de presque 50 % en 2012 », explique Jocelyn Rakotomalala, l’un des plus grands producteurs de
produits en soie sauvage à Mada­gascar.
Celle-ci est un véritable patrimoine pour la Grande île. Depuis toujours, les vêtements et les accessoires de mode en soie sont les habits de cérémonie les plus classiques des Malgaches de toute génération.
Initiatives radicales
Mis en valeur par la plupart des guides de voyage les plus lus au monde, les produits artisanaux fabriqués avec cette matière première sont aussi très recherchés par les touristes. Selon les explications techniques des tisserands qui travaillent cette matière, c’est au toucher avec son aspect presque « brut » qu’on peu reconnaître les tissus en soie sauvage de Madagascar, à la différence de la soie d’élevage.
« Les tissus en soie d’élevage sont plus lisses et ne comportent aucune différence majeure avec la soie asiatique, par exemple. La soie sauvage, elle, a une vertu thérapeutique et protège contre le rayon cosmique », précise le responsable chez Rakoto­malala « Lambamena ».
Pour l’heure, les artisans sont les seuls à être conscients du danger qui guette leur gagne-pain. Des initiatives privées sont ainsi nombreuses pour essayer de sauver la filière à travers le reboisement d’arbres, dont le mûrier, qui font partie de l’habitat naturel de la soie sauvage pour y produire des soies d’élevage. D’autres essayent de « repeupler » les forêts en vers de soie, en y ramenant des œufs de ver juste avant leur éclosion.

Mahefa Rakotomalala

Lundi 29 avril 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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Michel 17/08/2015 19:21

Le rédacteur est très mal informé. Le cocon qui fournit la "soie sauvage" de Madagascar n'a rien à voir avec le bombyx qui se nourrit effectivement de mûrier. Le papillon qui founit la soie sauvage de Madagascar est le borocera madagascariensis et ne se nourrit en aucun cas de mûriers, mais exclusivement d'un arbre différent : le tapia (Uapaca bojeri). C'est un arbre endémique des hauts plateaux de Madagascar. On parle bien des huats plateaux, dont Toliara ne fait absolument pas partie. Il n'y a pas de Tapia à Toliara et dans la région, donc, il n'y a pas de Brorocera, donc il n'y a pas de soie sauvage !