Mbarek et Soria.

Publié le par Alain GYRE

172 Mbarek et Soria.

 

 

Ouvre-moi, ouvre-moi, Soria (1)!

 

Qui est là?

 

Moi, Mbarek.

Qu'apportes-tu ?

Une chemise,

Un corsage,

Une ceinture,

Cinq francs (2),

Et des boucles d'oreilles.

Ouvre-moi, ouvre-moi, Soria !

 

« Non, va-t-en, Mbarek. Mon amant, Amboasalamarazaka, est là ; ne plaisante pas. Va-t-en d'ici. »

 

Mbarek s'en alla, puis revint.

Mais Soria ne voulut pas le recevoir à moins qu'il n'apportât de la viande grasse.

 

 

Mbarek et Soria.

Lorsque Mbarek s'en fut procuré, il revint une seconde fois et dit:

Ouvre-moi, ouvre-moi, Soria!

Qui est là ?

Moi, Mbarek:

Qu’apportes-tu ?

De la viande grasse (3)

Et de la graisse.

Oh, Mbarek, que tu es gentil! Entre ici, au nord du foyer; mets toi sur le lit.

Tu m'apportes de la viande grasse et de la graisse, Mbarek ! monte sur le lit, Mbarek.

Amboasalamarazaka me donne beaucoup de vêtements, de ceintures, de corsages et de boucles d'oreilles; mais ce n'est pas ce que je veux. Ce que je désire, Mbarek, c'est de la viande grasse ! »


(1) De l'arabe soria; souriat, concubine.

(2) Le texte porte vola mparanta, littéralement : une piastre.

(3) J'ai traduit potripotry par de la graisse et non par du mouton.

Contes populaires malgaches

Recueillis, traduits et annotés par

Gabriel FERRAND

Editeur : E. Leroux (Paris) 1893

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