Mieux se nourrir pour devenir grand et intelligent

Publié le par Alain GYRE

Mieux se nourrir pour devenir grand et intelligent

La croissance de bébé, et plus tard son développement physique et intellectuel, dépend d’une alimentation variée

« Pour bien grandir, mange au moins cinq fruits et légumes par jour », peut-on entendre sur les chaînes françaises à destination des enfants à chaque pause commerciale. Un message qui est loin d’être anodin. Il s’agit d’apprendre aux jeunes générations de bien se nourrir. Il y va non seulement de leur développement physique, mais aussi de leur développement cognitif. À Madagascar, la malnutrition chronique, une malnutrition entre autres liée à de mauvaises pratiques alimentaires, touche un enfant sur deux.

Un cliché mais à méditer. « Il faut épouser des femmes de grande taille pour avoir des enfants plus grands », déclarait récemment Berthin Rafalimanana, entraîneur de l’équipe nationale de rugby, en marge de la victoire des XV Makis de Madagascar au championnat d’Afrique de rugby. À l’entendre, la performance sportive des Malgaches serait meilleure s’ils étaient plus grands. La faible stature des athlètes est toujours évoquée comme étant le premier handicap des Malgaches dans les compétitions sportives internationales.
Le Dr Toky Raharimanana, médecin-chef du Centre de santé de base de Mahambo, confirme que « une femme de petite taille donne naissance à des enfants de petite taille ». La logique veut donc qu’une femme de grande taille donne naissance à des enfants de grande taille.
Mais il n’y a pas que les facteurs génétiques derrière la petite taille des Malgaches. « Une petite taille peut également résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance », indique l’Enquête de démographie et de santé de 2008-2009.
Contrairement à la malnutrition aiguë qui se manifeste par la maigreur de l’enfant, la malnutrition chronique se manifeste par un retard de croissance dont les parents ne se rendent pas toujours compte dans la mesure où beaucoup d’autres enfants du même âge sont également petits.
Selon le rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants dans le monde en 2011 (SOWC 2011), Madagascar est l’un des six pays au monde où le taux de malnutrition chronique des enfants de moins de cinq ans est le plus élevé. Celui-ci est de 50,1% indique l’EDS 2008-2009. Et si la malnutrition chronique persiste au-delà du deuxième anniversaire, les conséquences sont irréversibles.
Les enfants touchés par la malnutrition chronique courent plus de risque de donner naissance à d’enfants de petite taille plus tard. « Les enfants malnutris sont de petite taille et ils mettront au monde des bébés présentant les mêmes caractéristiques physiques plus tard », précise encore le Dr Toky Raharimanana.

Varier la nourriture

Par ailleurs, le retard de croissance et la petite taille ne sont pas les seuls impacts de la malnutrition chronique.
« Lorsqu’un enfant est mal nourri sur une longue durée, son cerveau ne se développe pas correctement », souligne le représentant de l’UNICEF.
« A l'école, les enfants malnutris sont moins intelligents et ont un développement cognitif limité », renchérit le
Dr Toky Raharimanana. Sans parler de la fragilité de leur état de santé.
« Les enfants qui souffrent de malnutrition chronique sont plus facilement exposés aux maladies », ajoute encore le médecin-chef du CSB de Mahambo.
Selon Steven Lauwerier, « la malnutrition chronique n’est pas seulement une malnutrition liée à l’accès à la nourriture, mais à beaucoup d’autres choses, dont l’accès à une variété de nourritures ».
« Il ne s’agit pas seulement de manger trois fois par jour, mais de tenir compte de la qualité de ce que l’on mange et de ce que l’on boit », poursuit-il.
Lorsque les enfants ne consomment pas suffisamment d’aliments nutritifs aussi bien en qualité qu’en quantité, ils ne reçoivent pas les vitamines et les minéraux nécessaires à leur croissance.
La lutte contre le retard de croissance passe donc avant tout par une amélioration de la qualité de l’alimentation. Celle-ci doit être variée et apporter, non seulement de l’énergie et des calories, mais aussi tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Les spécialistes recommandent, par exemple, la consommation d’au moins cinq fruits et légumes par jour, en plus de la consommation d’aliments énergétiques.
« Les Malgaches sont habitués à manger du riz, il faut leur apprendre à varier leur alimentation », souligne Angelo Tiandrazana, coordonnateur régional de l’Office national de nutrition dans la région d’Analanjirofo.

Iloniaina Alain et Bodo Voahangy

Vendredi 13 juillet 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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