Morafenobe: un caïman "mangeur d'hommes" abattu

Publié le par Alain GYRE

Morafenobe : Un caïman « mangeur d'homme » abattu

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L'apparition de dangereux caïmans est cyclique à Morafenobe

Les gendarmes ont fusillé au kalachnikov un caïman de quatre mètres. Depuis près de huit ans, le reptile prend pour proie les villageois et les troupeaux.

Fin d'un long cauchemar pour les habitants de Morafenobe. Lundi, aux alentours 9 heures, un caïman « man­­geur d'homme », long de près de quatre mètres et vieux d'une trentaine d'années, a été abattu par les forces de gendarmerie. Un des mâles dominants d'une colonie qui infeste la rivière de Ma­namboho, en contrebas du chef lieu du district, ce reptile et ses congénères ont terrorisé la population depuis près de huit ans, selon des témoignages.
« La largeur de Manombo s'étend sur une centaine de mètres. Depuis 2004, des villageois qui vont rejoindre leurs champs de l'autre côté se font attaquer par des caïmans », a indiqué Raymond Rakoto­nirina, correspondant de la Radio nationale de Mada­gascar (RNM), à Morafenobe. « Nullement effrayé par la présence humaine, le caïman tué lundi prenait pour cible tous ceux qui se hasardent à traverser à gué la rivière », a-t-il enchaîné.
D'après les explications de ce journaliste de la RNM, le dangereux animal se mettait à découvert, à longueur de journée, guettant ses victimes. À la tombée de la nuit et au crépuscule, il se tapit sur la terre ferme, aux abords de la berge, pour mieux happer les imprudents qui s'y hasardent. À l’entendre, le reptile s'attaque, également, au bétail.
Trois heures d'agonie
Lundi, tôt le matin, le caïman a poursuivi un homme, selon les informations recueillies sur place. Après lui avoir échappé, celui-ci a alerté le chef fokontany qui a, sans tarder, mobilisé la gendarmerie.
Sidéré, le commandant de la brigade, lui-même, a dirigé l'opération. Frappé d'une balle de fusil d'assaut en plein crâne, le reptile, qui se séchait au soleil, a plongé. Au bout de près de trois heures d'immersion, l'animal sans vie a émergé à la surface. Une seule cartouche a suffi pour le mettre hors d'état de nuire. Les témoins oculaires ont souligné que la tête du caïman à elle seule était de la taille d'un sac de riz de cinquante kilos.
Après avoir repêché l'animal au sang froid, les villageois se sont partagé la viande. En revanche, son impressionnante tête a été exposée en ville, en guise de trophée. En ce qui concerne les lois sur la protection de cette espèce, les autorités locales clament haut et fort que c'est la vie des personnes qui prime. Ce n'est pas la première fois que le fokonolona et les forces de l'ordre tuent un caïman à Morafenobe.

Seth Andriamarohasina

Jeudi 13 decembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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