Moyen de subsistance: les petits métiers fixés en images

Publié le par Alain GYRE

Moyen de subsistance: Les petits métiers fixés en images

     

 

Lundi, 04 Février 2013

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Si la Grande île de Madagascar regorge de richesses naturelles qui attirent toutes sortes de gens du monde entier y compris des pilleurs, sa plus grande richesse demeure quant à elle inviolable… C’est le savoir, l’habileté, l’esprit travailleur et la ténacité de ses habitants.

Plus rapporte Le Mauricien dans une de ses dernières éditions, parfois extrêmement démunis, nos voisins n’en ont pas moins de savoir-faire.

« Madagascar, le grand livre des petits métiers » le montre magnifiquement à travers de nombreuses photographies et des textes en français et en anglais qui dressent le portrait des quelques-unes de ces personnes qui ont appris très tôt un métier et qui en ont fait leur gagne-pain.

Laveur de voiture, réparateur de parapluie, fabricant de filtre à café, de jouets en bois ou de cachets, trieuse de déchets, brodeuse ou grilleur de pistaches, la grande île rouge, ses villes et ses campagnes sont animées et habités par une multitude d’artisans et de marchands qui constituent ce qu’on appelle le secteur informel, très vaste à Madagascar. Le sociologue Rabekoto Honoré le dit en préface : « Le secteur informel est une planète peu connue, peuplée de braves gens qui créent à leur simple façon le maximum de richesse avec le minimum de moyens. »

Et toujours d’après les informations publiées par Le Mauricien, il est décrit, notamment, que ce livre séduit par sa richesse, sa sensibilité et sa profondeur. Si les nombreuses personnes qui y sont montrées ont généralement été photographiées en train de travailler, ces images du photographe Laland, bien connu à Tana, expriment aussi des sentiments mêlés de respect, de simplicité, d’humilité, de courage et de fierté. Tous ces personnages deviennent attachants et familiers. Certains d’entre eux vivent plus que modestement mais jamais ce livre ne verse dans une esthétisation déplacée de la pauvreté ou dans le misérabilisme et le voyeurisme.

Ce livre ne nie pas les efforts, qui sont souvent démesurés par rapport aux rétributions qu’obtiennent ces travailleurs mais il montre en contrepoint de leur modestie, la valeur inestimable de ces personnes. Toutes portent en elles des qualités humaines que le monde moderne tend trop souvent à oublier. Aussi, alors que Madagascar connaît une de ses plus grandes fractures, avec ce passage difficile de ses riches traditions à la société du XXIe siècle, il apparaît particulièrement urgent de reconnaître ces savoirs et d’en préserver la substantifique moelle pour nos vies futures.

Par ailleurs, Le Mauricien relate que Laurence Vanpaeschen a écrit le portrait de quelques-unes de ces personnes montrées en photo, à l’instar de Philibert. Ce petit homme au sourire plein de bonté a 60 ans et six enfants dont deux préparent le Bac. Il était maçon mais fait désormais de menus travaux chez un architecte. Il regrette que la vie soit devenue si difficile et coûteuse par rapport à la période qu’il a connue dans sa jeunesse. Julienne qui sait l’art de valoriser les déchets que la ville rejette, vient de la campagne où elle était cultivatrice et vanneuse.

Koba vend des friandises de riz sucré tandis que Célestine élève ses cinq enfants grâce à son métier de photographe ambulante, que pratique également son mari. Elle est passée par tous les métiers avant de se stabiliser avec ce dernier. Comme la majorité des artisans installés dans la capitale malgache, Nicolas vient de la campagne. Contraint de quitter le petit lopin de terre, trop petit, qu’il cultivait avec femme et enfants, il a alors mené un parcours sans faute en s’installant dans la fabrication de jouets en bois, tant et si bien que trois familles en vivent aujourd’hui, écoulant la marchandise sur les marchés artisanaux de Tana.

Rakoto et Joséphine semblent tellement faits l’un pour l’autre qu’ils se ressemblent. Ce couple attendrissant travaille dehors sur la même table, l’une pour travailler le manioc, l’autre pour réparer les montres. Il y a bien sûr aussi le ferblantier, le réparateur de produit électronique, le marqueteur, le fabricant de silencieux ou de phares de voiture, le fabricant de lunettes, le prothésiste dentaire, le boucher ou la découpeuse de légume, ou encore Séraphine l’agricultrice. Et comme chacun sait, il n’existe pas plus habile et inventif qu’un mécanicien auto malgache !

La Gazette

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