Musée de Fort Flacourt. Voyage en culture Antanosy

Publié le par Alain GYRE

Musée de Fort Flacourt. Voyage en culture Antanosy

(15-09-2014)

Avec son musée réhabilité, Tolagnaro revoit à la hausse son offre touristique : objectif, capter les 20 000 croisiéristes qui mettent pied à terre chaque année. Culture encore avec ce projet de circuit pédestre à travers le patrimoine architectural de la ville. Vieilles pierres, idées neuves ?

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Melisa (à dr.) a dirigé les recherches historiques des objets exposés

© Bernard Wong

 

L’offre muséale est trop rare dans la Grande Ile pour ne pas saluer la réhabilitation du musée de Fort Flacourt à Tolagnaro (Fort-Dauphin). Comme son nom l’indique, il est niché dans l’enceinte de l’ancien fort militaire construit par Etienne de Flacourt au XVIIe siècle – aujourd’hui caserne de l’Armée malgache – en surplomb de la baie de Faradofay (ou baie des Épaves). Inauguré le 13 juin dernier en présence du Président de la République, il est l’aboutissement de tout un travail de réaménagement qui s’est poursuivi tout au long de l’année 2013 pour un investissement de l’ordre de 90 000 euros. Le chantier a été initié par l’Association du musée de Fort Flacourt (AMFF) dans le cadre du projet Pôle intégrée de croissance (PIC) visant à faire du tourisme un secteur clé du développement de la région.

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Le jeux Katro

© Bernard Wong

« La réhabilitation du musée était un élément important du dispositif de remise en valeur de Fort- Dauphin. La capitale de l’Anosy accueille 20 000 croisiéristes par an, ces derniers ne sont là que pour une journée mais sont très demandeurs d’activités culturelles », explique Melisa, membre de l’AMFF et consultante au PIC. C’est à elle que l’on doit tout le travail de recherche historique qui a précédé l’installation de la centaine d’objets antanosy qui sont aujourd’hui exposés. Coiffures et tatouages traditionnels, pièces d’habits, outils agricoles, instruments de musique, ustensiles du quotidien… la structure reprend, en l’élargissant, le concept d’un grand musée de l’Anosy qui avait présidé à sa création en 2001, à l’initiative de Jean de Heaulme. Le visiteur peut même y découvrir une authentique case antanosy avec ses parois en ravenala, le fameux arbre du voyageur. L’histoire coloniale qui débute en 1642 avec l’installation du premier comptoir français est également fort bien présentée avec cartes anciennes et autres documents d’archives.

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La section consacrée aux coiffures traditionnelles antanosy est une des grandes attractions du musée réhabilité

© Bernard Wong

Un rapport souvent conflictuel comme en témoignent les vestiges du fort que l’on peut visiter en même temps que le musée – notamment les restes du bastion datant de 1770 avec ses trois canons pointés vers la mer. Un personnel d’accueil et des guides spécialement formés sont mis à la disposition des touristes, cela tous les jours – sauf dimanche et lundi – après acquittement d’un droit d’entrée de 10 000 Ar pour les visiteurs étrangers et de 2 000 Ar pour les locaux. L’offre muséale est trop rare dans la Grande Ile pour ne pas saluer la réhabilitation du musée de Fort Flacourt à Tolagnaro (Fort-Dauphin). Comme son nom l’indique, il est niché dans l’enceinte de l’ancien fort militaire construit par Etienne de Flacourt au XVIIe siècle – aujourd’hui caserne de l’Armée malgache – en surplomb de la baie de Faradofay (ou baie des Épaves). Inauguré le 13 juin dernier en présence du Président de la République, il est l’aboutissement de tout un travail de réaménagement qui s’est poursuivi tout au long de l’année 2013 pour un investissement de l’ordre de 90 000 euros. Le chantier a été initié par l’Association du musée de Fort Flacourt (AMFF) dans le cadre du projet Pôle intégrée de croissance (PIC) visant à faire du tourisme un secteur clé du développement de la région.

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L’ancien Fort Flacourt est aujourd’hui une caserne toujours en activité

© Bernard Wong

La réhabilitation du musée est en voie d’être complété par tout un travail de remise en valeur du patrimoine architectural de la ville, sous forme de visites guidées qui seront bientôt proposées – à l’horizon 2015 – aux touristes. L’initiative en revient à l’association Fikanasses et Cie, principalement animée par Nadeige Perrot, déjà très engagée au niveau local dans des actions pédagogiques de solidarité, Jean-Baptiste Hervé et Melisa. « Nous avons fait des recherches dans les archives locales, notamment celles de l’évêché, afin de proposer un itinéraire culturel et touristique qu’il sera possible de couvrir à pied (ou en taxi pour les moins valides) en une heure trente », explique Jean-Baptiste Hervé, jeune historien de 23 ans rattaché à l’Alliance française de Tolagnaro. Ce circuit qui se veut d’abord « ludique » proposera de parcourir le Fort-Dauphin qu’ont légués les missionnaires, depuis le Fort Flacourt et son musée jusqu’à la plage de Libanona. On y visitera notamment la cathédrale, le cimetière français ou encore la plus vieille école de Fort-Dauphin (1907) : « Elle est malheureusement dans un état de délabrement avancé, mais c’est aussi à cela que doit servir ce projet, sensibiliser sur la déperdition de tout ce patrimoine historique », estime Jean-Baptiste Hervé. Le circuit comprendra également un arrêt shopping et une pause gourmet sur la plage de Libanona pour déguster huîtres et langoustes préparées sur place. Tout cela dans un esprit de tourisme durable et équitable dont profiteront en premier lieu les petits commerces de proximité. Quand le tourisme va, tout va…

 

#AlainEid

 

Photos : #BernardWong

 

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Publié dans Revue de presse

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