Origine de la vie et de la mort.

Publié le par Alain GYRE

229 Origine de la vie et de la mort.
Conte Antaimorona
Recueilli à Mananjary

 

Il y a très longtemps, dit-on, la terre et le ciel existaient déjà, mais n'avaient pas les mêmes Zanahary.

Ceux de la terre s'appelaient Matiaho et Irira.

Un jour, dit-on, le fils du Zanahary du ciel, se promenant sur la terre, vit Matiaho et Irira sculpter des pièces de bois et leur demanda ce qu'ils faisaient.

« Nous voulons les transformer en hommes. »répondirent-ils.

Quand ils eurent donné à ces bois la forme humaine, ils essayèrent de les faire mouvoir et marcher, mais il y purent réussir.

Il faut leur donner le sang et la vie dit le fils du Zanahary, sinon ils ne seront jamais des hommes!

Je veux bien les animer à condition que vous m'en cédiez la moitié.

Soit!

Le fils du Zanahary retourna chez lui. demanda la vie et le sang à son père, et, redescendant sur la terre, anima les bois sculptés.

Ceux-ci devinrent donc vivants, et leur nombre ne tarda pas à s'accroître parce que les femmes enfantaient.

Voyant les hommes si nombreux, le fils de Zanahary vint chez Matiaho et Irira pour réclamer sa part. Matiaho s'excusa en disant.

Reviens demain, Irira est absent.

Le lendemain le fils du Zanahary du ciel revint comme il était convenu, mais il ne
trouva aucun des deux Zanahary de la terre.

Ils s'en fut, irrité et pleurant, trouver son père.

« Pourquoi pleures-tu, mon fils ? »

« Matiaho et Irira m'ont trompé et se moquent de moi. Il était convenu qu'ils devaient partager avec moi les hommes qu'ils avaient sculptés dans du bois et à qui j'ai donné, le sang et la vie.

Maintenant ils veulent les garder tous, et je ne sais pas ils sont cachés. Cesse de te plaindre, dit le Zanahary.

Mais reprends successivement le sang et la vie que tu as donnés aux hommes, jusqu'à
ce que Matiaho et Irira te donnent ta part.

Le fils du Zanahary prit alors la vie et le sang d'un homme, puis d'un autre, et ceux-ci
moururent.

Les autres hommes pleuraient, ils appelaient Matiaho et cherchaient Irira, mais jamais plus ils ne les revirent.

Pourtant en cas de maladie ou de mort, dit-on, on se souvient encore de Matiaho, et c'est pourquoi on dit :

«  Maty aho » (je meurs, je suis mort).

Et si les hommes continuent à mourir, dit-on, c'est parce que Matiaho et Irira ne
veulent pas céder au fils du Zanahary la part due.

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL (1866 – 1925)

Librairie Ernest LEROUX

PARIS

 

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