Palmier à huile: Importance limitée à Madagascar

Publié le par Alain GYRE

Palmier à huile: Importance limitée à Madagascar           

Vendredi, 05 Septembre 2014

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À  l’opposé de son énorme utilité sociale dans le continent africain, le palmier à huile africain est d’une importance limitée à Madagascar.

 

Cela est , d’après les données publiées par WRM, probablement,  dû au fait que ce palmier semble avoir été introduit dans l’île avec la traite des esclaves.158 Il ne fait donc pas partie de la culture de ses peuples. Le palmier à huile qui pousse sur l’île est tout à fait unique, ayant un tronc court et de petits fruits.

 

Vers les années 1967-1968, le Ministère chargé de l’Agriculture a déployé une politique agricole dénommée “les grandes opérations agricoles” visant à stimuler la relance des industries agricoles par la création de grandes cultures à l’échelle industrielle pour approvisionner sur place en matières premières les agro-industries prioritaires afin de fournir à l’économie nationale, d’une part, des produits de substitution à l’importation, et d’autre part, de produits nouveaux pour l’exportation. Dans ce cadre, le gouvernement a mis en place l’opération palmiers à l’huile à Tamatave pour approvisionner une huilerie, la Société Malgache du Palmier à Huile (SOMAPALM).Dans le but d’améliorer l’autosuffisance de Madagascar en produits oléagineux comestibles, le Fonds européen de développement, a d’abord financé l’établissement et plus tard la réhabilitation (1985) de SOMAPALM. La société d’État a établi des plantations et des huileries à deux sites (Toamasina et Manakara).

 

La filière huile a commencé sa mutation vers les années 1990. Plusieurs huileries (Huilerie centrale, SOMAPALM, INDOSUMA) ont fermé tandis que le gouvernement a accepté d’engager un processus de privatisation (sous la pression de la Banque mondiale). SOMAPALM a été classée parmi les entreprises d’Etat à être vendus au secteur privé. Toutefois, le processus a été plus compliqué que prévu et au final, la société qui l’a achetée a dû le faire en sachant qu’elle ne pouvait acheter que l’usine et la plantation, mais pas la terre.La situation dans le secteur du palmier à huile a semblé changer de façon spectaculaire lorsque la société Madagascar Future Enterprise (propriété de la sud-coréenne Daewoo) a annoncé ses plans pour l’établissement de 300.000 hectares de plantations de palmiers à huile dans le pays.

 

Toutefois, le projet Daewoo a provoqué l’opposition généralisée. En novembre 2008, Madagascar est propulsé à la une de l’actualité internationale suite aux informations publiées par le Financial Times: la société sud-coréenne, Daewoo Logistics, serait en pourparlers avec le gouvernement malgache pour disposer de 1.300.000 hectares de terres cultivables dans quatre régions côtières. Daewoo envisageait de produire 500.000 tonnes d’huile de palme dans les régions de l’Est (300.000 hectares de plantations) et 4.000.000 de tonnes de maïs dans la partie occidentale de l’île (1.000.000 hectares), dont l’essentiel devait être exporté vers le marché coréen.

 

Ce projet de grande ampleur a immédiatement été dénoncé par les mouvements d’opposition au régime du président Ravalomanana, accusé de brader le patrimoine national à des étrangers. Cette accusation s’est renforcée avec la révélation par le journal Le Monde d’un autre projet agro-industriel mené par la société indienne Varun International dans la région de Sofia sur plus de 200 000 hectares. La contestation a en partie été orchestrée par des relais internationaux, qui ont mobilisé l’opinion publique des pays occidentaux. A Madagascar, elle s’est ajoutée aux revendications nationales, et a contribué à la chute du gouvernement en mars 2009. Ces deux projets sont aujourd’hui suspendus et leurs principaux promoteurs ont quitté le pays.

 

Deux autres projets de plantation à grande échelle de palmiers à huile sont en attente d’approbation :

 

1) Sithe Global (compagnie d’énergie des États-Unis) : 60.000 hectares destinés à la production de biodiesel ;

 

2) Les Cultures du Cap Est (société malgache, financé par un groupe indien) : 9.100 hectares, y compris l’extension d’une plantation déjà établie de palmiers à huile (1.000 ha).

La Gazette

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