Par rapport à la superficie du pays: La densité des routes est très faible

Publié le par Alain GYRE

Par rapport à la superficie du pays: La densité des routes est très faible

Lundi, 21 Juillet 2014

Le réseau routier est vaste, avec un linéaire total classé d’environ 32.000 km dont à peine 13% est bitumé. Par ailleurs, par rapport à la superficie du pays, la densité des routes est très faible , et surtout, son état est généralement mauvais. En effet, mis à part les Routes Nationales (RN), et en particulier les Routes Nationales Primaires (RNP) portant sur le réseau structurant qui est généralement en bon état (52%), le reste étant en moyen (36%) ou en mauvais état (12%), le reste du réseau routier est majoritairement en mauvais état.

 

 En effet, et à s’en tenir aux données de la Banque mondiale dans son document portant Opportunités et défis pour une croissance inclusive et résiliente, il apparaît que depuis l’indépendance du pays, les gouvernements successifs et les PTF ont focalisé leurs efforts sur la réhabilitation et l’entretien périodique des RNP, considérées comme l’« épine dorsale » du réseau routier, et ceci, principalement en raison des contraintes budgétaires et de la justification économique de ce choix. Par conséquent, la comparaison de l’état du réseau sur la période 2002 à 2012  montre que c’est le réseau des RN qui s’est amélioré en passant de 33% de routes en bon et moyen état en 2002, à 53% en 2012. Pour les routes secondaires, aucune comparaison similaire n’est possible car l’ARM qui a été chargée de faire les relevés physiques de tout le réseau routier n’a pas pu le faire puisque la plupart de ces routes n’était pas praticable en toutes saisons. Par ailleurs, certaines routes (y compris des RN) ont tout simplement disparu, laissant les régions et les populations concernées (en particulier, dans le Sud qui est la partie la plus pauvre du pays) encore plus démunies.

 

Aussi, analyse-t-on, dans le sous-secteur routier, les urgences se situent au niveau du FER et de l’ARM. Et ce, d’une part par le renforcement de l’entretien routier et de la gestion du FER. A cette fin, selon toujours le même document, le plus urgent, c’est de nommer les membres du COER, de les sensibiliser sur les enjeux principaux de l’entretien routier, et de leur permettre de redresser rapidement la situation du FER. A cette fin, les actions prioritaires sont : (i) le rattrapage de la collecte des paiements des arriérés, en impliquant non seulement les compagnies pétrolières, mais aussi les ministères de tutelle technique et financière ; (ii) la revue des critères de priorisation des travaux d’entretien routiers168 et le lancement de la nouvelle Convention Programme ; (iii) l’attribution de la totalité de la maîtrise d’œuvre des travaux à l’ARM pour la campagne qui arrive, comme convenu entre le gouvernement et les PTF ; (iv) l’application de la vérité des prix des produits pétroliers; et (v) le lancement de l’audit technique et financier du FER pour les années 2009 à 2011, étant entendu que ces audits seront menés annuellement comme prévu, pour les années suivantes.

 

D’autre part, par le renforcement de l’ARM : la pérennisation de l’ARM passe par son autonomie financière. L’étude pour rendre l’ARM vraiment autonome devra être finalisée au cours de l’année 1, et la mise en oeuvre des recommandations retenue doit être appliquée immédiatement.

 

Et en troisième lieu l’application des textes sur les surcharges sur l’épine dorsale du réseau des RN.

 

Mais, il est noté que comme les mandats des membres du Conseil d’Orientation de l’Entretien Routier (COER) ont expiré depuis août 2011, le ministère de tutelle a de facto assumé ce rôle. Cette situation constitue sans conteste un recul puisqu’elle va à l’encontre de l’esprit même de l’autonomisation de l’entretien routier, en faisant revenir les décisions d’orientation au ministère de tutelle. De même, aucun audit du FER n’a eu lieu au cours des cinq dernières années. Enfin, pendant la crise, la part des travaux d’urgence limitée à 10% des ressources disponibles, a quadruplé et l’octroi des marchés correspondants s’est essentiellement fait par entente directe, sur la base de critères non transparents, ce qui constitue aussi un recul par rapport aux objectifs de transparence de gestion et de concurrence requis dans les modes de passation de marchés.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article