Parc de Ranomafana

Publié le par Alain GYRE

Parc de Ranomafana

Une flore et une faune uniques sur le circuit de Talatakely

Pour les amoureux de la nature, tout est découverte dans le parc de Ranomafana. Les insectes comme les phasmes vous fascinent, et la chasse aux images des petits caméléons et des lémuriens dorés vous fait oublier le froid et la brume enveloppante.

Le circuit le plus court de Ranomafana s'effectue en deux heures et demie environ. C’est celui de 

Talatakely qui mène jusqu’à la Belle vue, perchée à plus de 350 m d’altitude. Ce circuit se trouve dans la parcelle 3, au sud-est du parc où des pistes ont été aménagées. 
A 9 h, la visibilité n’est pas bonne à cette altitude car la brume est encore très épaisse. Dans la forêt, le chemin est glissant. Une pluie fine commence à tomber depuis le début de la matinée
Sur le chemin, on se fait surprendre par des phasmes en accouplement. Les flashes des appareils photos des touristes semblent ne pas les déranger. La guide d’ajouter « Chez ces insectes, l’accouplement 

peut durer jusqu'à une semaine. Après, le mâle mourra » ! 
On en apprend des choses dans cette forêt secondaire peuplée de goyaves roses du Brésil, de bambous et de lianes. 
« Il y a des plantes introduites comme l’eucalyptus dans cette forêt, mais elles ne sont pas nombreuses. Nous sommes dans une parcelle où il y a juste trois pieds d’eucalyptus », indique Vololona, la guide 

pour les francophones.
Dans ce couloir forestier, il fait souvent sombre. La végétation luxuriante suffit à elle toute seule à 

occuper l’espace et constituer une toiture végétale. Le ciel déjà couvert disparaît du paysage. Dans 

cette zone d’une grande humidité, les sangsues sont plus redoutées que les araignées. 
« Vous les sentez dès qu’elles sont en contact avec la peau. Une sensation de froid » ! , a prévenu la 

guide, déjà chaussée d'une paire de bottes.
En longeant le sentier, des orchidées épiphytes et des rochers parsèment de petites couleurs cet écrin 

de verdure. Les asplenium nidus, des fougères géantes, servant de nid aux oiseaux, trônent comme des bijoux sur les arbres. On y découvre l’eucalyptus robusta d’Australie d’une centaine d’années dont le 

vieux tronc vire au rouge, sans oublier de nombreuses plantes médicinales telles les « harongana » et 

les « mazambody ».
Incontournable
Après une dizaine de minutes de marche, la guide s’arrête et réclame le silence. Deux hapalemur 

auréus, des lémuriens dorés, jouent sur une branche d’arbres d’une hauteur d'environ deux mètres. Il 

ne faut pas faire de bruit si l’on veut les observer pendant un certain temps et prendre des photos.
On ne trouve les lémuriens dorés que dans le parc de Ranomafana. En 1986, la primatologue 

américaine, Patricia Chapple Wright, a trouvé cette espèce. Cette découverte a conduit en 1991 au 

classement du site parmi les parcs nationaux de Madagascar.
« Cette espèce vit en petits groupes de deux à sept membres. Un lémurien doré pèse près de 1,8 kg. La gestation dure quatre mois. C’est une espèce monogame qui vit jusqu’à 25 ans. Ils se nourrissent 

essentiellement de feuilles de bambous », explique la guide touristique.
Autre surprise du circuit, les toilettes et l’eau courante en pleine forêt. C’est une révolution ! C’est à 

quelques mètres de la Belle vue, un espace prévu pour apprécier la beauté du site du sommet et pour 

faire une petite pause avant de descendre boucler la boucle. 
« Quand le temps est plus clément, la vue est splendide ! », assure la guide mais cette fois, la brume a 

tout caché.
Autre coin incontournable du site de Ranomafana, la piscine naturelle. Son eau bleue turquoise et ses 

bienfaits sur la santé font sa renommée. La rivière Namorona, avec sa série de cascades et de chutes, 

fascine. Tout concourt à la beauté du site. 
Sur le bord de la route, on peut faire la découverte d’un caméléon de 5 cm. D’ailleurs, dès la tombée 

de la nuit, on peut croiser des touristes scientifiques en quête d’espèces de ce genre.

Quelques chiffres
Superficie : 41 601 ha
117 espèces d’oiseaux, 90 espèces de papillons, 
98 espèces d'amphibiens, 62 espèces de reptiles, lézards et caméléons, une dizaine d’espèces de 

lémuriens, une centaine d’espèces d’orchidées terrestres, rochers et épiphytes.
Classé patrimoine mondial naturel depuis 2007, le parc national de Ranomafana fait partie de la forêt 

humide de l’Est.

Domoina Ratsara

Samedi 28 avril 2012

Publié dans Revue de presse

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