Patrimoine routier: Peu densifié mais parti en lambeaux

Publié le par Alain GYRE

Patrimoine routier: Peu densifié mais parti en lambeaux  

Vendredi, 22 Août 2014

 

9 fois moins de routes au km2 qu’en Ouganda.

 

C’est la situation de Madagascar en termes de patrimoine routier. Pour corser le problème, le pays perd une centaine de milliers de kilomètres par an. La dernière crise politique n’a fait qu’empirer les choses. On attend beaucoup du 5ème congrès de la route qui se tiendra à Antananarivo du 26 au 29 novembre prochain. En effet sous la transition, l’Etat a fait des mauvais choix en prenant des mesures pour bloquer les prix du carburant. La suspension du versement de la redevance pour l’entretien routier par les compagnies pétrolières fait partie de ces mesures. Le résultat est catastrophique dans la mesure où la part des compagnies pétrolières dans le paiement de cette redevance est importante. Ainsi, le Fonds d’entretien routier (FER) ne dispose pas depuis 5 ans des ressources nécessaires pour l’entretien des routes nationales. D’aucuns peuvent remarquer l’état lamentable dans lequel ce patrimoine routier se trouve. Même les réseaux les plus utilisés comme les RN7, RN2 et RN4 et RN6 comportent de points noirs en plusieurs endroits.

 

Certes, les camions ne respectent pas toujours les charges à l’essieu et contribuent à la dégradation des routes, mais l’entretien fait aussi défaut. Depuis plus de 5 ans pourtant, les aides extérieures ont été suspendues, notamment pour les grands travaux. Le secteur routier en souffre beaucoup. Rappelons que la reconstruction des routes nationales dans le Grand Sud sous financement européen a été déjà programmée mais tout a été annulé à la suite de la crise politique de 2009. Comme quoi, les grands travaux ont été reportés à une date non encore définie alors que l’entretien courant et périodique n’a pas pu se faire correctement. Le pays perd ainsi sur plusieurs tableaux dans le sens où la route joue un rôle important dans la croissance et le développement. Mais il faut aussi se pencher sur les matériaux et technologies routiers, d’autant plus que le pays fait partie du top 3 des Etats au monde les plus exposés aux impacts du changement climatique incluant les cyclones intenses, les crues et sécheresse.

 

Depuis plus d’une décennie, des tests sur différents matériaux ont été effectués plus ou moins régulièrement. Mais même s’ils débouchent sur des résultats probants, l’on remarque que le lobby pétrolier est toujours très fort. Il faut rappeler, en effet, que la route en béton a, par exemple, une longévité de plusieurs décennies, si la route bitumée s’effrite en quelques années. Seulement, le ciment coûte cher mais la route en béton n’exige qu’un entretien minimal et a une durée de vie très longue. L’Etat devrait y retrouver ses comptes mais tout dépend de la volonté politique. Des spécialistes du secteur avancent qu’il n’est peut-être pas indiqué de faire tout en béton, mais cette option pourrait être adoptée pour des régions pluvieuses ou pour des tronçons de routes nationales très fréquentées. Sinon, le pays pourrait voir comment optimiser le grès bitumineux de Bemolanga qui peut très bien servir dans les travaux routiers. Il faut d’ailleurs noter que l’état des routes dans cette région est plus que lamentable.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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