Pauvreté extrême en Afrique: Les Malagasy, derniers damnés du continent !

Publié le par Alain GYRE

Pauvreté extrême en Afrique: Les Malagasy, derniers damnés du continent !    

Jeudi, 09 Janvier 2014

 

Fort probablement oui, si on se réfère à un classement de Greatbusinessschools.

 

C’est une entité spécialisée dans le classement des business schools internationales. En octobre 2013, elle a établi un classement sur les performances des pays africains basées sur 28 indicateurs regroupés dans 7 catégories, soit l’économie, l’infrastructure, la santé, la stabilité, l’éducation, la diversité et la législation. Madagascar est crédité d’une note de 3/100 sur le volume de la population affecté par l’extrême pauvreté. La note va de 0 à 100, 0 étant la plus mauvaise note et 100 la meilleure. Les Malagasy sont donc très affectés par ce fléau qu’est l’extrême pauvreté. Pour ce classement, l’extrême pauvreté est définie comme la perception d’un revenu égal ou inférieur à 2 US$ par jour par tête, soit l’équivalent de 4 000 Ar. Un tel revenu ne permet pas de vivre correctement. La situation est encore plus difficile en cette période de soudure marquée par l’inflation des PPN dont le riz, le charbon... Lorsque le revenu est déjà très modeste, la moindre hausse des prix ne peut qu’affliger les ménages pauvres. Cette pauvreté est à mettre à l’actif de tous les régimes successifs qui ont tous excellé dans les dérives de gouvernance.

 

Les pays voisins sont pourtant plus performants. Si on prend l’exemple des Comores déchirés auparavant par des multiples coups d’Etat et des crises constitutionnelles, l’archipel affiche maintenant une note de 32/100 en ce qui concerne l’extrême pauvreté. Le Mozambique est crédité de 14/100, contre 35/100 pour le Lesotho et 93/100 pour l’île Maurice. Si le Mozambique et les Comores ont eu un passé violent, ils ont dépassé Madagascar en termes de performances économiques. Ce n’est pas le cas pour le pays qui affiche pourtant une note de 100/100 en matière de conflits. Cela veut dire qu’il n’a pas des problèmes de conflits ouverts. Pour la diversité biologique, la Grande Ile est également créditée de 100/100. Seulement, cette richesse ne contribue pas à la lutte contre la pauvreté. Son exploitation profite à une toute petite frange de la population, soit à des politiciens et leur entourage. Cette approche va vers l’appauvrissement du pays car cette exploitation se fait dans l’illégalité. Elle ne profite ni aux riverains ni aux collectivités décentralisées ni à l’Etat.

 

Ce n’est pas étonnant si le pays affiche une note de 2/100 concernant la catégorie « économie » regroupant 4 indicateurs, soit l’extrême pauvreté (3/100), le PIB par habitant (2/100), l’agriculture (1/100) et l’exportation (1/100). Dans d’autres domaines pourtant, la note est meilleure et devrait aider le pays à se hisser sur le continent. Pour la catégorie « diversité », Madagascar obtient une note de 74/100. Cette catégorie inclut les indicateurs ci-après, la diversité biologique (100/100), la diversité ethnique (95/100), la diversité religieuse (60/100), la diversité linguistique (2/100). Mais ces richesses ne contribuent pas à la lutte contre la pauvreté parce que l’infrastructure est seulement créditée d’une note de 22/100, alors qu’elle concerne plusieurs pans de la vie quotidienne des citoyens et des entreprises. Citons les infrastructures de transport, l’électricité, l’eau potable, le téléphone et Internet.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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