Pêche en eaux profondes : une opportunité pour les riches malagasy

Publié le par Alain GYRE

Pêche en eaux profondes : une opportunité pour les riches malagasy       

Samedi, 12 Avril 2014

Les crevettes et les poissons en eaux profondes sont de très bonne qualité et coûtent très chers sur le marché international.

 

Seulement, la pêche en eau profonde coûte cher car exige des bateaux et matériels performants. Malgré tout, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sylvain Manoriky lance un appel aux investisseurs tant étrangers que nationaux à entrer dans cette filière : « Certes, la pêche en eaux profondes demande un investissement important, mais il faut remarquer que même pendant la crise, on a vu se multiplier les beaux 4x4 à Tanà. Ils appartiennent à des riches du pays. L’argent ne fait donc pas défaut ». Tout est question de culture de risque et d’esprit d’entreprenariat. Pour l’heure, aucun opérateur, étranger ou local, n’investit dans la pêche en eaux profondes, soit sur des zones situées bien au-delà des côtes habituelles où l’on se bat pour certaines ressources comme les crevettes. Le ministre avoue qu’aucune étude précise n’a été effectuée sur les stocks en ressources halieutiques du pays. Mais il affirme que sur certaines zones, il y a surexploitation par rapport à l’important effectif des opérateurs qui y travaillent. Le ministère incite aussi les opérateurs du secteur à se pencher un peu plus sur la transformation pour créer plus d’emplois et de la valeur ajoutée. Une option qui peut être très bien assumée par les opérateurs locaux.

 

Désormais, ce département mise plus sur la qualité que sur la quantité, c'est-à-dire sur la transformation. En effet, l’exportation de produits bruts ne crée pas plus d’emplois que la transformation. Outre les emplois, celle-ci génère de la valeur ajoutée. Il fut un temps où la part de la pêche dans le PIB était au 1er rang des autres secteurs. Ce n’est plus le cas depuis plusieurs années déjà. Mais le ministre espère que les recettes du secteur vont encore augmenter. En 2013, l’Agence sanitaire halieutique (ASH) a fait rentrer 374 milliards Ar, contre 354 milliards Ar en 2012. Notons que 76% de la redevance sur la pêche et 80% des recettes issues de l’accord de pêche avec l’Union européenne alimentent la caisse de l’Agence malgache de la pêche et de l’aquaculture (AMPA) dont le nouveau bâtiment a été inauguré hier à Nanisana pour 352,4 millions Ar. Grâce à ces fonds, l’AMPA finance le Centre de surveillance de pêche (CSP), l’observatoire de la pêche et de l’aquaculture, des projets du secteur pêche, etc. Cette agence est dotée d’un conseil d’administration présidé par Jean Edmond Robilahy, et compte 12 membres dont 6 issus du secteur public et 6 du privé.  

 

Concernant les fournisseurs du ministère dont certains avaient un conflit avec ce département, celui-ci affirme qu’il ne paiera pas les irréguliers étant donné qu’il s’agit de l’argent des contribuables. Pour ceux qui sont réguliers, le ministère a demandé 1 milliard Ar pour régler les arriérés. Mais le ministère des Finances risque de ne débloquer que 500 millions Ar. Ce qui veut dire qu’il faudra répartir cette somme aux fournisseurs qui ne sont plus payés depuis 2 ans. Le déblocage est prévu pour bientôt.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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