Pêche thonière: les requins en danger

Publié le par Alain GYRE

Pêche thonière: Les requins en danger

     

 

Mardi, 20 Novembre 2012

Les requins sont capturés en grande quantité par les bateaux thoniers qui évoluent dans les eaux de Madagascar. Ces captures font donc partie des poissons accessoires ou « bycatch ». C’est ce que l’on peut lire dans l’exposé de Rahombanjanahary Diary Mirindra, scientifique à l’Unité statistique thonière d’Antsiranana, à la 8ème rencontre du Groupe de travail sur l’écosystème et la capture accessoire qui s’est tenue au Cape Town en Afrique du sud courant septembre dernier. Le scientifique malagasy reconnaît le manque de connaissances sur la biologie des requins et le manque d’informations sur l’interdépendance thons/requins. Malgré tout, il avance qu’on devrait concevoir un plan de conservation des requins de Madagascar même si les captures de requins ont connu une tendance baissière sur la période 2010-2011. Il faut d’ailleurs souligner que les données disponibles sur ces poissons accessoires de la pêche thonière sont collectées selon les déclarations des armateurs. Le scientifique préconise donc de prendre des mesures spécifiques pour réduire les captures de poissons accessoires dont notamment les requins, spécialement sur la période avril-novembre.

En 2010, les thons ont représenté 32% des captures totales des thoniers, alors que les poissons accessoires étaient de 30%. 52% de ces captures accessoires étaient des requins. L’année dernière, les captures de thons ont augmenté pour se situer à 45%. Quant aux captures de requins, elles ont diminué par rapport à 2010 pour se situer à 43% des poissons accessoires. Or, le nombre de bateaux thoniers a augmenté en 2011. Outre les rôles que les requins jouent dans l’écosystème marin, il faut aussi noter que les poissons accessoires sont rejetés en mer dans la plupart des cas. Ces poissons font souvent l’objet d’un débat parce qu’ils devraient étoffer les sources en protéines du régime alimentaire des populations locales. Mais ils sont rejetés en mer et c’est du gâchis. D’ailleurs, les Malagasy ont de plus en plus de mal à se procurer des aliments comme les poissons. Dans la capitale, le kilo de poissons démarre à 6 000 Ar. Et il faut compter 10 000 Ar si l’on veut avoir des beaux morceaux comme le thon blanc et la sole. Si les poissons accessoires font donc l’objet d’une stratégie claire, ils devraient contribuer à faire baisser les prix des poissons sur le marché et à améliorer par la même occasion l’alimentation de la population.

Rappelons que dans les années 90, les lingères et manœuvres pouvaient encore se payer des poissons tout venant dont le prix était à 600 Ar/kg. A l’heure actuelle, il n’en est plus question avec les tarifs exorbitants par rapport à leur revenu qui n’atteint même plus 3 000 Ar/jour.

La Gazette

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