Pêche traditionnelle: Toujours aussi dynamique

Publié le par Alain GYRE

 

 

Pêche traditionnelle: Toujours aussi dynamique       

Vendredi, 27 Septembre 2013

Etre pêcheur, c’est tout un mode de vie, un art et une manière d’être. C’est un combat continuel, souvent violent et dangereux avec la nature.

 

Le métier de pêcheur est plutôt une identité avant d’être une profession, vu que c’est une vieille pratique qui se transmet de père en fils. Pourtant, tout n’est pas acquis dans ce métier. L’homme doit se former et se forger mais surtout, l’homme doit être préparé et formé.

 

La pêche traditionnelle est apparue dans l’histoire de l’Humanité sous la forme de chasse : la chasse aux poissons ou autres produits aquatiques. Madagascar est parmi les pays pauvres les plus concernés par cette pêche traditionnelle qui est considérée comme informelle car il n’existe pas encore un recensement des embarcations, ni des pêcheurs, ni des activités. Les ressources halieutiques sont abondantes.

 

Les pêcheurs exploitent cette ressource pour subvenir aux besoins de leurs familles et non dans un souci industriel. Avec ses 5.000 km de côtes, Madagascar a de réelles opportunités pour l’exploitation des ressources halieutiques. Avec l’instabilité dans laquelle fonctionne cette activité, aucune précision concernant  la quantité de poissons et de fruits de mer réellement capturé n’est déterminée. C’est un secteur où, à peu d’exceptions près, on peut être pêcheur pendant une saison, agriculteur pendant une autre, changer de type de pêche, pas d’horaires fixes… et ceci, pour coller, au plus près, aux besoins quotidiens immédiats.

 

Quoique, il y a plus d’une quinzaine d’années de cela, on recensait déjà 1.250 villages de pêcheurs pour  42.556 pêcheurs à Madagascar. Depuis l’année 1998,  la statistique officielle révèle le nombre de 100.000 pêcheurs pour tout le pays. Les zones côtières restent isolées de l’intérieur du pays, rendant ainsi difficile tout effort de structuration du secteur traditionnel de la pêche. Et les infrastructures publiques sont souvent déplorables sinon inexistantes dans la plus grande partie du pays.

 

En dépit de tel contexte défavorable, les 75% de la production halieutique pour la consommation nationale à Madagascar sont réalisés par cette pêche traditionnelle tant maritime que continentale. Malgré tout, la pêche  traditionnelle est très dynamique et assure tant bien que mal sa capacité pour couvrir les besoins nutritionnels locaux et renforcer l’économie nationale. Par ailleurs, on a constaté que les ressources halieutiques ont diminué de moitié depuis 1990.

 

NIR

 

 

 

 

 

Foulpointe: Raréfaction des fruits de mer

 

 

 

Destination phare des vacanciers, Foulpointe est particulièrement célèbre pour sa plage et ses fruits de mer. Ces derniers figurent parmi les privilèges convoités par les touristes. En raison de sa proximité avec la capitale mais surtout, en tant que destination très attractive, Foulpointe apparaît comme un site balnéaire par excellence. Etant donné que les vacanciers et les touristes sont en hausse constant, les demandes ne peuvent que l’être aussi. Pourtant, les pêcheurs ont de plus en plus de mal à satisfaire ce besoin grandissant. Par conséquent, les fruits de mers se raréfient et les restaurateurs n’ont guère le choix que de servir des espèces encore très petits. Et pourtant, les prix affichés n’y correspondent pas du tout. Le kilo avoisine les 30.000 ariary pour un secteur informel taxé de non-respect des normes.

 

A l’échelle nationale, les flottes étrangères capturent près de 80.000 tonnes de fruits de mer chaque année, presque autant que les pêcheurs locaux. Toutes ces sociétés n'opérant pas dans l'illégalité, leur action a de fortes chances de chambouler l’écosystème et ce, au détriment des opérateurs et des villageois. Une mesure devrait être prise, comme intensifier les contrôles et marteler la sensibilisation pour cause de non respect des normes de pêches.

 

La pêche sauvage en fait partie. Cette pêche intensive provoque également une raréfaction des prises. Les pêcheurs malgaches doivent s'éloigner de plus en plus des côtes pour trouver du poisson, en particulier le requin, cité par 90% des pêcheurs comme première ou deuxième pêche, et le concombre de mer, cité par 70% des pêcheurs sondés. Mais comme ces fruits de mer sont cuits et servis sur place, le délit se passe très souvent à l’insu des autorités. A travers les petits métiers, le tourisme local fait vivre des milliers de gens.

 

NIR

La Gazette

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