Petit-Plein-de-Morve

Publié le par Alain GYRE

 102 Petit-Plein-de-Morve.

 

Il était une fois trois garçons, trois frères : l’ainé, le cadet et le Petit-Plein-de-Morve, le benjamin, tous trois fils du même père. Seul le plus petit n’était pas marié.

Un jour, ils décidèrent d’aller courtiser les filles.

Alors ils partirent courtiser les filles, ils partirent courtiser les filles dans un autre endroit, loin.

En chemin ils voulurent renvoyer Petit-Plein-de-Morve mais Petit-Plein-de Morve refusa. Les voilà arrivés là-bas. Les deux grands courtisèrent les filles, mais n’eurent pas de succès parce qu’ils avaient mangez chez elles : « Toi qui a mangé chez moi, disait chaque fille, tu veux aussi me courtiser ? Tu es un mou, ce n’est pas moi que tu veux, c’est ma nourriture ! Pourquoi n’as-tu commencé par me dire ce que tu voulais au lieu de manger chez moi ? ».

Quand il était arrivé, Petit-Plein-de-Morve, lui, n’avait pas accepté le repas, et une fille accepta de devenir sa femme, il était vilain, vraiment horrible, impossible de trouver plus vilain que lui, mais une fille avait quand même accepté de devenir sa femme. Les deux grands rentrèrent, mais lui, une fois revenu au village, il se dit : « J’en ai assez de ce corps, j’en ai vraiment assez de ce corps, ah, il vaut mieux  que j’aille trouver Dieu. Mes frères sont beaux et moi je suis vilain, je ne sais même pas comment j’ai pu avoir cette fille… sans doute était-ce mon destin… cependant il vaut mieux quand même que j’aille trouver Dieu. »

Et il partit chercher Dieu. En chemin, il vit un bananier qui pliait sous le poids des bananes bien mûres.il n’en mangea pas. Il marche, il marche… Puis il vit un oranger, qui pliait sous le poids des oranges bien mûres. Il n’en mangea pas.

Enfin, il arriva chez Dieu.

« - Bonjour, dit Dieu.

-          Bonjour.

-          Qu’est-ce que tu veux ?

-          Ah, ce que je voudrais…Tous mes camarades se moquent de moi, j’en ai assez. Tous les autres sont beaux. Il n’y a que moi qui suis vilain, qu’est-ce que tu vas faire pour moi, Dieu ?

-          Bon, dit Dieu, c’est juste. Tu veux la beauté ? Eh bien assis-toi sur ce siège d’or là-bas.

-          Oh non, dit Petit-Plein-de Morve, pas là-bas, je me contente de m’asseoir ici.

-          Tu ne t’assieds pas là-bas ?

-          Non. »

Il reste là. Dieu ordonna qu’on lui serve à manger. On lui servit à manger.

« Voilà, dit Dieu. Mange donc dans cette assiette en or.

-          Oh, non, répondit Petit-Plein-de Morve, je ne mangerai pas dans cette assiette en or, mettez mon repas ici, que je mange dans cette écuelle percée. » Et il mangea.

La nuit tomba :

« Voilà ton lit, il fait nuit.

-          Oui, dit Petit-Plein-de Morve mais je m’y coucherai pas, il vaut mieux que je me contente de coucher par terre. » Et il coucha par terre.

-          Le lendemain, le jour se leva :

-          « Bien, dit Dieu, entre par là, dans cette maison.

-          Oui. » Il entra dans la maison.

Dieu le façonne, le façonne…

« Comment est-ce que tu te trouves ?

-          Ce n’est pas encore ma vraie peau. »

Dieu le façonne, le façonne…

« Comment est-ce que tu te trouves ?

-          Ce n’est pas encore ma vraie peau. »

Comme le petit garçon l’avait prié, et que tous ses gestes, toutes ses manières lui avaient plu, il ne refusa rien de tout ce qu’il voulait qu’il fasse.

« Il vaut mieux que je réalise ses désirs…Est-ce que c’est ta vraie peau maintenant ?

-          Ce n’est pas encore ma vraie peau. »

Il le façonne, il le façonne, il le façonne…ça y est, c’était terminé. Il lui avait refait une peau toute neuve.

Petit-Plein-de Morve repartit chez lui. On l’accueillit :

« Eh bien, comment ça va ? Mais, oh, voilà Petit-Plein-de Morve, voilà Petit-Plein-de-Morve qui est devenu un beau garçon…

-          Oh, oh, si c’est comme ça, dirent ses grands frères, nous allons allé trouver Dieu nous aussi. Lui qui était vilain, il est devenu beau ! Qu’est-ce que cela sera pour nous qui sommes déjà beaux ! »

Et ils partirent trouver Dieu, eux aussi. Sur le chemin, ils virent des bananes, ils en mangèrent. Ils marchèrent, ils marchèrent. Puis ils virent de belles oranges, et ils en mangèrent.

Quand ils arrivèrent chez Dieu, on leur présenta une natte pour s’asseoir mais ils s’assirent à la place de Dieu.

Dieu leur donna à manger dans une assiette en or et ils mangèrent dedans. On leur proposa aussi un lit, et ils dormirent sur le matelas doré.

« Bon, dit Dieu. Qu’est-ce que vous voulez ?

-          Ce que nous voulons ? la beauté.

-          Bon, dit Dieu, alors entrez par là, dans cette maison. »

La maison où il les fit entrer était celle où l’on façonnait les chiens, pas les hommes, les chiens !

Ils entrèrent. Les voilà à l’intérieur. Dieu les façonne, les façonne…

 

 

Publié dans Contes sur la toile

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