Pétrôle de Tsimiroro: la production commerciale prévue en 2019

Publié le par Alain GYRE

Pétrole de Tsimiroro: La production commerciale prévue en 2019

     

 

Samedi, 20 Octobre 2012

"Pour Tsimororo, il y a de l'espoir sur une production à grande échelle ", d'après Emma Ralijohn, directeur général adjoint de la compagnie Madagascar Oil. Hier au siège de cette société à Ankorondrano, elle a précisé que le 6 septembre dernier, la compagnie avait procédé au premier pompage. Ces travaux d'exploration inscrits dans le projet pilote se poursuivront. En décembre prochain, on prévoit la première production avec de la vapeur avec un volume estimé à 1 000 barils/jour en 2013. Cette technique est utilisée avec succès depuis 40 ans en Californie aux Etats-Unis. Elle respecte les standards environnementaux. Elle consiste à injecter en continu de la vapeur à travers un puits d'injection au centre. C'est pour liquéfier l'huile lourde et l'extraire facilement par la suite par un système de pompage à partir de 4 autres puits adjacents. Pour l'heure, 9 injecteurs sont sur place. En phase de production commerciale, il faut en compter jusqu'à 10 000. Cette phase est prévue pour 2019 car il faut encore mettre en production et tester les paramètres du projet pilote. L'objectif est de tester les techniques à adopter et d'affiner par la même occasion les données sur les ressources. En 2011 déjà, la compagnie a révisé à la hausse ces ressources à 1,7 milliard de barils.

En 2014, la compagnie devra décider d'investir ou non dans la production commerciale de Tsimiroro selon les résultats du projet pilote. Si la décision est positive, la construction des infrastructures de production et d'exportation (puits, pipelines et ports) sera pour 2015-2018. Rappelons que depuis 2004, Madagascar Oil a investi 200 millions US$ dans des travaux de terrain et d'analyses. Pour 2011-2012, elle consacre 60 millions US$ pour ses travaux d'exploration à Madagascar incluant Tsimiroro. Certes, la production commerciale sera dans 7 ans mais le 30 octobre prochain, la compagnie organisera la célébration du pétrole de Tsimiroro sur place. Toute une foule de personnalités y sera conviée, à savoir des hautes personnalités de l'Etat, des parlementaires, des représentants de l'Office des mines nationales et de l'industrie stratégique (OMNIS), de la communauté internationale, d'opérateurs économiques, de la société civile, des autorités régionales, des communes locales…

En fait, la compagnie entend communiquer sur son projet pour que les Malagasy y soient impliqués dès maintenant. L'événement de Tsimiroro offrira donc l'occasion d'expliquer l'évolution des travaux d'exploration. A l'heure actuelle, les 2 sur les 3 cuves de stockage de pétrole pour le projet pilote sont déjà érigées. Il en est de même pour les différents tuyaux nécessaires à la production pilote par injection de vapeur.

Fanjanarivo

Formation sur le pétrole : un labo vivant à Tsimiroro en 2014

La compagnie Madagascar Oil annonce qu'en 2014, il y aura des possibilités pour les jeunes de se former à Tsimiroro. Le projet pilote de cette compagnie leur offrira des opportunités pour se frotter à plusieurs domaines des activités pétrolières amont. A Madagascar, la formation sur le pétrole amont laisse encore beaucoup à désirer. Pour l'heure, seule l'école polytechnique de Vontovorona intègre des cours sur le pétrole dans ses modules de formations. Mais selon une jeune ingénieur pétrolier malagasy qui fait de l'exploration pétrolière dans le Sud du pays, le pétrole ne se réduit pas à la recherche, la production, le raffinage… C'est dans ce sens que l'Alliance pour le respect de la nature (ARENA) souligne que la formation devrait inclure plusieurs domaines comme le management pétrolier, l'économie pétrolière. On peut aussi citer les normes comptables de l'amont pétrolier, les négociations de contrats d'exploration/production, etc. Dans ce domaine, Madagascar a opté pour les Contrats de partage de production (CPP), mais aucun de ces contrats n'est rendu public. Tout se négocie dans le secret entre l'Etat et les compagnies. Et les résultats de ces négociations demeurent également secrets. Des voix, notamment de la société civile, commencent à s'élever sur la nécessité de les rendre publics pour plus de transparence et pour améliorer la gouvernance de l'industrie pétrolière.

Ce manque de transparence n'est pas l'unique problème de la filière pétrole amont. La formation évoquée ci-dessus en est également un. Alors que le pays compte une dizaine de compagnies en phase d'exploration, ces dernières doivent importer 99% des compétences qualifiées dont elles ont besoin. Si le pays veut donc aider ses jeunes à profiter au mieux de cette industrie, il devrait mettre en place plusieurs programmes de formation et de spécialisation sur le secteur pétrole amont. Si dans le secteur minier, la Grande Ile a déjà raté la phase de construction des deux grands projets miniers et les opportunités d'emplois qualifiés et d'activités économiques qui allaient avec, elle réédite le même scénario avec le secteur du pétrole amont. L'obligation pour les entreprises d'importer des compétences qualifiées pour les travaux d'exploration pétrolière l'atteste déjà. Or, la rémunération d'un ingénieur ou d'un technicien supérieur dans ce domaine varie dans une fourchette de 600 à 3 000 US$ par jour. On est très loin du revenu quotidien de moins de 1 US$ gagné par la grande majorité des Malagasy. Outre les recettes que l'Etat tirera donc de l'exploitation commerciale du pétrole, il y a aussi les opportunités d'emplois. Mais sans une stratégie claire et efficace, les jeunes malagasy les rateront.

La Gazette

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