Pétrole lampant : Le marché régresse de près de -33%

Publié le par Alain GYRE

Pétrole lampant : Le marché régresse de près de -33%       

Mercredi, 26 Mars 2014

Le marché du pétrole lampant continue de chuter, alors qu’il s’agit du combustible servant d’éclairage, notamment pour les zones rurales.

 

Les dernières données de l’Office malagasy des hydrocarbures (OMH) précisent qu’en février 2014, le marché de ce produit continue sa chute de -32,9% pour se situer à 2 241 m3. Déjà au mois de janvier, les ventes étaient en net recul avec -36% à 2 622 m3. L’OMH explique cette situation par la conjoncture économique défavorable, les deux dernières hausses du prix à la pompe. Or, les principaux consommateurs du pétrole lampant sont les ruraux qui s’en servent pour  l’éclairage. Même si l’appauvrissement est quasi-généralisé, il frappe plus les ruraux que les citadins. Les ruraux ont donc un pouvoir d’achat très famélique, ne leur permettant plus de s’éclairer avec du pétrole lampant. Avec quoi s’éclairent-ils donc ? Les bougies sont hors de question puisqu’elles coûtent encore plus chères que le pétrole lampant. Il faut 500 Ar pour avoir une bougie de bonne taille qui peut ne servir qu’une soirée. Un montant qui n’est pas non plus à la portée de la plupart des ménages ruraux. La solution est de dîner très tôt ou à la lueur du feu de bois. Et les révisions et exercices des enfants ? Ils devraient le faire aussi très tôt, ce qui n’est pas toujours évident car les enfants ont le droit de jouer après l’école.

 

En fait, la régression du marché du pétrole lampant a des conséquences multiples pour les ménages ruraux. Elle risque d’affecter les résultats scolaires des enfants, même si on sait aussi que l’éclairage au pétrole peut provoquer des infections respiratoires. La régression du marché aggrave aussi la détérioration de la qualité de vie des ruraux. La situation pourrait encore se corser avec le retour à la vérité des prix à la pompe, même si celle-ci se fera d’une manière progressive. Le président de la république l’a déjà promis : il n’arrêtera pas les subventions pour le marché pétrolier d’une manière abrupte. Il serait question de procéder à une série de hausses à étaler sur une année si le secteur privé a pensé à une période de 6 mois. Soit. Mais quand on est très pauvre, une hausse est une hausse. Et le pouvoir d’achat qui ne suit plus depuis longtemps s’affaiblira encore plus avec. Comme quoi, si les autorités s’en tiennent uniquement à la série de hausses pour revenir à la vérité des prix à la pompe, les ruraux seront parmi les principales victimes. Il faudrait envisager d’autres mesures d’accompagnement. Outre les hausses en série pour juguler des poussées inflationnistes, le secteur privé a proposé depuis belle lurette de revoir la fiscalisation des produits pétroliers.

 

Les différentes obligations fiscales pèsent en effet plus de 40% du prix à la pompe. Certes, les produits pétroliers constituent une importante source de recettes fiscales pour l’Etat, mais les subventions directes et indirectes injectées dans ce secteur depuis 2010 n’ont pas non plus apporté grand-chose aux pauvres. Si on revient sur le recul du marché du pétrole lampant, les ruraux n’ont presque rie gagné dans ces subventions.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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