Photographie : Fabrice Delannoy, ou l'humanisme dans les clichés

Publié le par Alain GYRE

Photographie : Fabrice Delannoy, ou l'humanisme dans les clichés

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A l'entrée du hall de la gare Soarano, le portrait d'un enfant absorbé par son jeu derrière une cuvette en plastique, les cheveux ébouriffés, intrigue. C'est le photographe-reporter, Fabrice Delannoy, qui y expose une trentaine de clichés en noir et blanc, depuis vendredi. Juste à côté, la blancheur du sable d'Andavadaoka et les enfants qui s'y amusent donnent une autre dimension à cette œuvre. 
« La sable est d'une grande finesse et d'une blancheur extraordinaire », note le photographe.
Photographe de l'humanisme, il aime les scènes de la vie et adore les gens. Et ça se voit dans ses clichés. 
« Derrière chaque personne, il y a une histoire », affirme-t-il. 
Sourire aux anges et regard pétillant des enfants. Rien de plus authentique pour apprécier la sincérité de l'enfance. C'est ce que le photographe cherche à faire découvrir dans cette exposition. Il garde la bonne distance pour pouvoir capter les émotions et les mettre en évidence.
« J'affectionne particulièrement ce cliché. Je l'ai pris à Mananjary. Ces jeunes filles, elles sont en train de pêcher des bichiques avec une moustiquaire. Et vous imaginez, elles sont frappées par une grosse vague toutes les 30 secondes. Ce cliché, je l'ai pris entre deux vagues. Leur corps luisent avec l'effet du sel car elles sont là depuis 5 h du matin. Je les ai shootées en contre-jour, d'où cet effet. C'est à la fois sensuel et poétique ! », confie le photographe en commentant le cliché de deux jeunes femmes pris en pleine mer.
Mystère
Extraites de son livre « L'enfance dans tous ses états », carnet de route à Madagascar 2006-2010, ces photos portent l'histoire de leurs sujets. Et c'est Fabrice Delannoy qui en est le gardien. Devant le cliché d'un vieil homme et d'un enfant, les regards prennent chacun leurs directions. Il explique : « C'est un diptyque que j'ai intitulé Générations confondues. Un vieux blasé qui regarde son passé et un jeune au sourire expressif qui regarde l'avenir. On n'a pas besoin de commentaires pour expliquer. La photo parle d'elle-même ».
Dans cette exposition, le mouvement est omniprésent. « Pour donner de la vie aux photos ». Et le noir et blanc confère aux images cet aspect magique « d'atemporalité et de mystère ». 
« Le noir et blanc, ça se prête très bien à l'humanisme. Pas de fioritures. Je ne suis pas contre la couleur. J'en fais aussi pour les commandes, mais quand je fais des photos en couleurs, j'adore la saturation », révèle le photographe. 
Enfant de la vieille école, Fabrice Delannoy n'est pas un adepte de la retouche. Quelques-unes de ses photos ont déjà fait le tour du monde. Le photographe affirme les avoir vendues aux quatre coins du monde, du Japon en Afrique du Sud, en passant par les pays européens et américains. Les photos sont disponibles, en grand format, pour un espace plus grand, et en petit format, format américain, pour un espace réduit.

Domoina Ratsara

Samedi 11 mai 2013

L’Express

 

http://www.fabricedelannoy.com 

Publié dans Photographie

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