Photographie : Samuel Cortès décape l'enfance

Publié le par Alain GYRE

Photographie : Samuel Cortès décape l'enfance

 

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Samuel Cortès (à dr.) bouscule les habitudes en apportant ses conceptions et ses?points de vue des réalités enfantines de la grande Ile

 

Jeune et prometteur, le photographe français Samuel Cortès expose à partir de jeudi ses clichés dans « Paradoxes enfantins ». Incisif et inventif.

 

 

Les clichés de Samuel Cortès, « aventurier de la photographie », diffuse un bruit de papier sulfurisé. Il expose jeudi, dont vernissage à 18h, à l'Is'art Galerie Analakely. Une douzaine de portraits d'enfant des rues à demi tête, pris à travers les méandres du pays, composent « Paradoxes enfantins ».

Derrière, le message martèle et s'arme d'une abstraction narrative recélant la vision d'un artiste prometteur. Travail dans le rectiligne, dans la continuité du regard, à 21 ans, ses poussées en avant dénonciatrices sont des attaques réglées contre l'oubli. À première vue, il y a l'idée du photographe étranger qui ne voit qu'exotisme et dénuement à travers un pays, en crise, comme Madagascar. Telle une cathédrale de redites à contourner, Samuel Cortès préfère appliquer des incisions.

Méthode simple

« Ce n'est pas une tendance photographique, c'est une tendance de l'humain photographe », fait-il remarquer. « Le paradoxe entre l'habit et l'expression », continue t-il. Dès lors, le visage des gosses est fauché à moitié accoutré d'un habit remémorant le détachement enfantin. Comme si le modèle miroitait des univers parallèles, l'exposition voudrait le prouver.

« Paradoxes enfantins » s'étale aussi sur la constance. Un outil technique que Samuel Cortès a choisi de mettre en avant du moment présent. Rien d'instantané, ou presque. C'est pour ça que c'est un « travail de recherche », declare t-il. Sa méthode est accessible à tous, sauf peut - être la Nikon D300 et l'objectif 35 mm fixe qu'il a trimballé durant des mois aux quatre coins de la Grande Île. « Je marchais, seul, et je ne savais pas où j'allais », ajoute cet étudiant en menuiserie de Haute Savoie en France, avant d'être pris par le virus des boîtiers. Jusqu'au 7 novembre, les amateurs pourront accorder leurs visions de Madagascar avec l'artiste photographe.

Ensuite, il fera voir ses œuvres dans les bars huppés de la capitale. À travers cette installation, le visiteur imaginera aussi le périple de Samuel Cortès. Une carte routière sans boussole. Il se laissera emporter par l'envie d'ouvrir une boîte de l'imagination d'une vie à la fois si près et si loin. « La première photo que j'ai prise est celle d'un môme absorbé par des danseurs urbains de rue », finit-il pour dire qu'il y a un début à tout.

 

 

Maminirina Rado

 

Mercredi 16 octobre 2013

L’Express

Publié dans Arts plastiques

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