Potentiel pétrolier: la côte ouest a la cote

Publié le par Alain GYRE

Potentiel pétrolier : La côte ouest a la cote

     

 

Lundi, 24 Septembre 2012

Cette côte malagasy fait partie des 4 nouvelles « provinces » énergétiques dans l’océan Indien d’après un rapport stratégique d’évaluation des réserves en énergies fossiles dans cette partie du monde.

D’après des sources concordantes, ce rapport a été rédigé par l’US Geological survey et remis au président américain Obama en avril dernier. Ce rapport confirme ainsi le classement récent de Madagascar parmi les nouveaux pays pétroliers d’Afrique orientale, selon une conférence internationale sur le pétrole amont tenue à Paris, il y a quelques mois de cela. Concernant les zones évoquées par le rapport de l’organisme américain, il s’agit essentiellement du bassin de Morondava pour ce qui est de la côte malagasy. Sinon, les autres sites à haut potentiel d’énergies fossiles se trouvent sur la côte tanzanienne, la côte mozambicaine et les Seychelles. Les potentiels de ces zones sont considérés comme « un nouveau Moyen-Orient énergétique ». Voilà pourquoi le géant français Total est prêt à racheter pour 2,6 milliards US$ 20% des droits de la compagnie ENI sur les énormes champs gaziers offshore récemment découverts au large du Mozambique.

Quant aux potentiels de Juan de Nova et de la côte malagasy, ils sont estimés à 17 milliards de barils de pétrole et à 167 000 milliards de pieds cubes de gaz. Ces chiffres placent ces zones au même niveau que l’Angola classé 15ème mondial en termes de réserves. Juan de Nova se trouve tout près de la côte ouest de Madagascar, soit à moins de 160 km, c'est-à-dire un trajet plus court que celui de Tana-Antsirabe. Mais cette île est curieusement sous souveraineté française. En septembre 2007, la France a octroyé un budget pour le financement de détachements militaires sur les îles éparses incluant Juan de Nova. Il s’agit d’une présence symbolique pour légitimer une Zone économique exclusive (ZEE). Des documentaires diffusés sur TF1 en avril dernier corroborent cette présence pour démontrer la souveraineté française et défendre la légitimité de sa ZEE dans cette partie du monde. En attendant, les régimes successifs à Madagascar n’ont pas réagi face à cette prédation. Des spécialistes avancent que revendiquer la souveraineté malagasy sur ces îles éparses ne sera pas une mince affaire, mais que les arguments juridiques et historiques ne devraient pas manquer pour permettre à Madagascar de recouvrer son bien.

Soit. Mais il est fort probable que la France fasse traîner les choses étant donné qu’elle est membre du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce problème est déjà une réalité étant donné les renvois systématiques de la question. Des experts estiment que pour contourner cet écueil, il faudrait des accords bilatéraux négociés avec chacun des parties prenantes de la zone, c'est-à-dire Madagascar, la France, les Comores, le Mozambique et Maurice. Mais là, tout est question de volonté politique. Et au lieu de défendre ses intérêts sur les îles éparses dont le haut potentiel pétrolier est confirmé successivement par des études internationales, le gouvernement malagasy a préféré demander auprès de l’ONU l’extension de son plateau continental sur la côte australe.

Fanjanarivo

La Gazette

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