Production agricole: Tout dépend de plusieurs facteurs

Publié le par Alain GYRE

Production agricole: Tout dépend de plusieurs facteurs       

Mardi, 22 Avril 2014

La place de l’agriculture dans l’économie nationale est prépondérante.

 

La population active est très majoritairement agricole  et il y a très peu d’emplois salariés. La structure du PIB est restée quasi inchangée depuis plusieurs années. Ainsi, selon les données du document onusien portant Madagascar - Bilan Commun de Pays 2012, le PIB agricole est estimé à 27% du PIB global et la filière riz, qui constitue la première activité économique de Madagascar en terme de volume, y occupe une première place. Environ 2 000 000 de ménages (87%) pratiquent la riziculture irriguée sur quelque 1 200 000 ha (60%).

 

Plus, la même source indique, surtout, que l’agriculture pratiquée est traditionnelle et peu intensive, d’où de faibles rendements. Les cultures vivrières, qui sont dominantes, sont en majorité autoconsommées, à l’exception du riz pour les moyens et les grands exploitants qui disposent d’un surplus de production. Les cultures de rentes et les cultures d’exportation, destinées à la commercialisation, sont en faible proportion. Les légumes et les fruits constituent des activités d’appoint, génératrices de revenus. Et certaines zones rurales connaissent une saturation foncière et font envisager des mouvements de migrations.

 

En outre, le document ne manque pas de mentionner, entre autres, que les agriculteurs pratiquent surtout les cultures vivrières destinées à l’autoconsommation. Les produits ne donnent lieu à aucune transformation, ni même conservation par rapport à l’abondance en période de récolte. Les filières sont peu organisées et notamment en aval, les entreprises agro alimentaires sont peu nombreuses, et que même si la production en céréales a progressé depuis plusieurs années, son offre reste insuffisante par rapport aux besoins de la population malgache notamment dans certaines régions comme le Sud.

 

L’insuffisance des capacités de production à répondre aux besoins alimentaires de la population trouve son explication dans plusieurs facteurs. Parmi ces facteurs, il y a les faibles productivités liées aux techniques traditionnelles,  le manque d’infrastructures de stockage des céréales pour se prémunir en cas de catastrophes naturelles mais aussi le problème en matière de coûts des transports,  les aléas climatiques qui sont difficilement maîtrisables et imprévisibles, mais il y aussi l’enclavement et l’inexistence de marchés pour s’approvisionner et  le problème d’accès au marché avec une situation d’oligopole entre les différents acteurs du marché des céréales.

 

Donc, le problème est que la production agricole nationale dépend de la périodicité des récoltes, des aléas climatiques et de la volatilité des prix du marché des céréales. Globalement, la moitié (54%) des ménages cultivant le riz sont en déficit alors que 40% sont en surplus. Le plus grand nombre de ménages cultivant le riz en situation de déficit se trouve sur la côte est du pays (68%) alors que la région des larges plaines agricoles est la zone où le nombre de personnes en situation de surplus est le plus important (61%). En ce qui concerne le maïs et le manioc, les personnes les plus en difficulté se trouvent dans le Sud du pays.

 

Un enjeu important pour Madagascar est l’exploitation des terres cultivables, Madagascar est confronté à un problème de gestion des espaces agricoles disponibles. D’un côté de nombreuses terres dans le pays ne sont pas cultivées ce qui a une influence sur la productivité de l’agriculture malgache et sur la réalisation d’économie d’échelle, alors que dans certaines régions, il existe une surexploitation des terres cultivables ce qui crée des problèmes environnementaux graves (déforestation, dégradation de l’écosystème, surexploitation des terres, etc.).

 

Faut-il rappeler que le pays compte une superficie totale de 58 704 000 ha dont près de 8 millions d’hectares de terres cultivables. La superficie physique des exploitations agricoles, estimée à 2 083 590 ha, a connu une légère augmentation de 0,9% en 20 ans.

La Gazette

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