Production électrique: Se tourner vers le charbon et le gaz

Publié le par Alain GYRE

Production électrique: Se tourner vers le charbon et le gaz   

Mercredi, 18 Juin 2014

 

La recherche de partenariat et/ou de financement pour la construction de centrales à charbon et/ou à gaz figure parmi les programmes prioritaires définis avant-hier à Ambohimanambola par les parties prenantes du secteur électricité dont le ministère de l’Energie, la Jirama,

 

les bailleurs de fonds... Ce programme devrait remédier à l’insuffisance de l’offre énergétique avant que les grands projets hydroélectriques ne se mettent en place. Notons qu’une centrale à charbon de 120 MW est déjà mise sur pied à Toamasina par la compagnie minière Ambatovy. Il fut un temps où ce type de centrales a été pointé du doigt comme étant très polluant. Mais ces centrales sont les plus répandues dans le monde, notamment dans les pays dotés d’importantes réserves de charbon comme l’Inde, la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne. Puis, les technologies ont évolué pour réduire l’émission de polluants. Les suies contenues dans les fumées de charbon sont captées dans ce qu’on appelle les électro-filtres, alors que les oxydes de soufre sont piégés dans des unités de désulfuration. Et plus récemment, des équipements éliminant les oxydes d’azote sont apparus sur le marché.

 

Malgré tout, les centrales à charbon sont encore parmi les premières sources d’émission de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. Mais pour le pays, il s’agit de mettre en œuvre une solution avant l’implantation des grands projets hydroélectriques. Madagascar dispose d’ailleurs de charbon de terre à Sakoa. Des études de 2007 ont porté sur la faisabilité de la commercialisation d’une partie de ce combustible sur le marché local. Mais elles ont notamment porté sur l’usage domestique du charbon de terre qui devrait éviter à l’Atsimo-Andrefana la déforestation de près de 300 000 ha et l’émission de gaz à effet de serre de 1,4 million de tonnes sur 10 ans. Elles devraient donc être mises à jour pour intégrer l’utilisation du charbon pour les centrales thermiques. Les réserves de la Sakoa sont estimées à 136 millions de tonnes. L’exploitation était prévue démarrer en 2010 mais elle ne s’est pas encore concrétisée. Quant aux grands projets hydroélectriques, ils seront attribués par appel d’offres. Le pays n’exploite actuellement que 1,5% de son potentiel hydroélectrique estimé à 7 800 MW. Si on se réfère aux données du milieu des années 2000, le gap de puissance électrique est estimé à 500 MW pour le moyen terme. Il s’explique par la demande croissante dans les cimenteries, les métallurgies, les mines, les hôtels...

 

4 grands projets hydroélectriques ont été classés prioritaires dès la première décennie des années 2000 mais aucun n’a pu se concrétiser. Il s’agit d’Antetezambato (180 MW), Volobe II (90 MW), Ranomafana (70 MW) et Ambodiroka (40 MW). C’est ce dernier qui pourrait reprendre assez rapidement puisque la firme chinoise qui l’a initié avec le gouvernement malagasy bien avant la crise politique, était récemment au pays pour parler de la reprise de ce projet. Les acteurs du secteur estiment que le paiement devrait être bien garanti pour sécuriser les investissements privés dans les projets hydroélectriques. Il est aussi question de considérer les candidatures spontanées.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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