Production rizicole : 75% des paysans n’en ont pas assez

Publié le par Alain GYRE

Production rizicole : 75% des paysans n’en ont pas assez       

Lundi, 10 Mars 2014

La sécurité alimentaire est un problème critique pour 75% des ménages agricoles. D’après une étude de Philosophical transactions of the royal society menée par des scientifiques internationaux et malagasy et publiée le 24 février dernier, ces ménages de l’Est, des hautes terres et de l’Ouest du pays affirment ne pas produire suffisamment de riz pour nourrir leur famille toute l’année. La période de soudure qui va de décembre à mars est la plus difficile à traverser pour ces ménages. Dans des zones centrales du Betsileo, l’on surnomme ainsi le 2ème mois de l’année, « feu février ». De quoi se donner l’illusion de voir s’écouler rapidement le plus court mois de l’année mais qui est synonyme de disette pour la majeure partie de cette population. Si on reprend l’étude citée plus haut, plus de 40% des ménages des régions étudiées ne disposent pas d’assez de nourriture pendant la soudure. Celle-ci est près de s’achever pour 2013-2014, mais les difficultés alimentaires que charrie cette période se rééditent tous les ans. Et elles risquent encore de s’intensifier dans la mesure où les petits exploitants agricoles dominent dans un secteur très vulnérable aux effets désastreux du changement climatique.

 

Mais les citadins pauvres et qui se battent dans des conditions exécrables (40% des Tananariviens n’ont pas accès à l’eau potable, les routes de la capitale sont défoncées…) ne sont même pas remarqués par le microcosme politique. Il est illusoire de penser que les petits paysans le seront un jour à moins d’un sursaut des politiciens. Or, l’étude évoquée ci-dessus avance que plus de 27% des petits exploitants agricoles n’ont pas suffisamment de quoi se mettre sous la dent pendant 6 mois sur 12, ou même plus. Si les adultes peuvent se serrer la ceinture au risque d’avoir la taille mannequin tout au long de l’année, les enfants sont parmi les grandes victimes de cette sous-alimentation. En effet, ce problème hypothèque leur avenir car d’après une étude de la Banque mondiale, la malnutrition infantile réduit le rendement des enfants concernés quand ces derniers deviennent adultes. Ainsi, ils sont déjà condamnés à évoluer dans le cercle vicieux de la pauvreté. Il faut aussi noter que 5,5% de la population étudiée sont frappés par l’insécurité alimentaire tout au long de l’année. Ces gens-là ont en permanence le ventre affamé.

 

Par contre, si des pressentis premiers ministres n’accèdent pas encore au poste de leur rêve, si des politiciens ou des groupes de politiciens n’arrivent pas encore à placer leur poulain à ce poste, ils peuvent toujours manger à leur faim. Mieux, ces politiciens vivent comme des pachas. Sinon, il faut souligner que d’après les auteurs de l’étude, les facteurs qui peuvent influer positivement sur la sécurité alimentaire des ménages agricoles sont l’élevage, les moyens de transport comme le char à bœufs et le vélo, le niveau d’instruction du chef de ménage. Ces points doivent donc être travaillés si on veut éviter aux ménages agricoles l’insécurité alimentaire.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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