Production rizicole: 90% assurés par le riz irrigué

Publié le par Alain GYRE

Production rizicole: 90% assurés par le riz irrigué

     

 

Samedi, 04 Mai 2013

Ce taux témoigne de l’importance que des réseaux hydro agricoles. En Afrique subsaharienne, ce taux est de 70%.

Or, les réseaux hydro agricoles ne font guère l’objet de travaux d’entretien réguliers. Ce manque d’entretien handicape de nombreux périmètres irrigués. Hier au Panorama lors de l’atelier de lancement du projet sur les cultures stratégiques en Afrique, le représentant de la Banque africaine de développement (BAD), Abdelkrim Bendjebbour a précisé que cette institution allait financer la réhabilitation de 3 grands périmètres irrigués du pays. Ces périmètres sont en état de dégradation avancée à cause du manque d’entretien et des ravages des cyclones. Ce financement devrait être approuvé en juin 2013 par la BAD. C’est la suite des interventions de la banque dans le Sud-Ouest du pays. Elle comprendra la réhabilitation d’infrastructures hydro agricoles, l’assistance technique, la facilitation de l’accès à l’engrais, aux semences améliorées… Le représentant de la BAD insiste sur l’importance de ces semences. Dans le Bas-Mangoky, le recours à ces semences a permis d’afficher 10 à 12 t/ha par des centaines de paysans.

La BAD appuie aussi les recherches sur de nouvelles variétés de riz adaptées aux conditions agro-écologiques des différentes régions et aux effets souvent désastreux du changement climatique. Le FOFIFA déploie des efforts pour aller dans ce sens. Son directeur général, Lala Razafinjara note toutefois qu’il faut du temps pour aboutir à des résultats. Il faut en moyenne 8 ans pour développer une nouvelle variété. Et il faut compter 3 ans pour évaluer les capacités d’une variété introduite. Comme quoi, la recherche nécessite des investissements élevés. Mais en Afrique subsaharienne, le récent rapport du PNUD sur le développement humain montre que nombreux sont les pays subsahariens dont les dépenses militaires sont nettement plus élevées que celles allouées à la recherche agricole. Madagascar n’échappe pas à la règle. La recherche agricole est loin de bénéficier de 1% du PIB, alors que les dépenses militaires approchent les 2% du PIB. La Grande Ile est largement dépassée par le Kenya, le Mali… Le PNUD recommande aux gouvernements d’inverser la tendance en allouant plus de budget à la recherche agricole.

Malgré tout, le FOFIFA arrive à développer de nouvelles variétés et en améliorer d’autres. En revanche, la vulgarisation n’est pas toujours évidente, exception faite de la variété de riz sur tanety vulgarisée par le ministère de l’Agriculture en 2012. Les problèmes de vulgarisation s’expliquent notamment par le désengagement de l’Etat dicté par les bailleurs de fonds dans les années 80 et 90. Les vulgarisateurs agricoles ont quasiment disparu du paysage agricole, alors que l’Etat ne subventionne plus l’accès à l’engrais, aux semences améliorées, etc. Or, la pauvreté affecte plus de 82% de la population rurale d’après l’Institut national de la statistique (INSTAT). Le revenu journalier de ces gens-là n’atteint pas 3 000 Ar/jour alors que l’engrais s’achète entre 3 000 et 4 000 Ar/kg. Une des variétés développées par le FOFIFA nécessite pourtant de l’engrais organique de 5 t/ha et 200 kg de NPK et d’urée. Il faut toutefois noter que 87% des ménages ruraux cultivent du riz à Madagascar.

Fanjanarivo

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

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