Production rizicole: le record mondial battu en Inde grâce au SRI

Publié le par Alain GYRE

Production rizicole: Le record mondial battu en Inde grâce au SRI

     

 

Mercredi, 12 Septembre 2012

22,4 t/ha. C’est le rendement d’un paysan indien du village de Darveshpura dans le Bihar. Il pulvérise ainsi le record mondial précédemment admis de 19 t/ha enregistré en Chine. Et c’est grâce au Système de riziculture intensif (SRI) découvert à Madagascar. Après des mesures rigoureuses, ce rendement a été accepté par le Conseil indien pour la recherche agronomique (ICAR). Pour couronner le tout, le haut rendement du SRI ne se fait pas sur une ou quelques saisons, contrairement à ce qu’ont toujours avancé des scientifiques. Dans l’Etat du Bihar, les paysans qui pratiquent le SRI enregistrent un rendement élevé depuis 2007. Et même en période de pleine sécheresse, ils affichent un rendement dépassant les 3 t/ha, comme c’était le cas en 2010. Le rendement moyen dans cet Etat indien est pourtant de 2,3 t/ha. De plus, le nombre des adoptants du SRI dans le Bihar ne cesse pas de croître : 128 en 2007 et près de 20 000 en 2010. Ces résultats sont le fruit de la volonté politique des autorités agricoles de cet Etat indien.

A Madagascar, le Groupement SRI (GSRI) qui fédère les acteurs du SRI déploie des efforts pour la vulgarisation de cette technique découverte dans le pays. Il n’est guère relayé par les autorités concernées. Un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui. Rappelons, en effet, que le précédent régime a donné son aval pour le développement du riz hybride chinois à Madagascar. Cette variété exige pourtant le renouvellement systématique des semences, alors que le SRI peut se pratiquer avec des semences de toutes origines. Le SRI est actuellement pratiqué dans une vingtaine de pays dont notamment asiatiques et africains. Même des pays lointains comme Haïti s’essaient à cette technique à haut rendement qui nécessite quand même un soutien financier, notamment au départ. Et c’est là que le bât blesse car au lieu d’appuyer les paysans, l’Etat préfère investir des millions de dollars dans des infrastructures non productives comme les grands hôpitaux aux normes. Pourtant, ces infrastructures ne pourront pas accueillir les plus pauvres, d’autant que 35% des Malagasy résident encore à plus de 5 km d’un centre de santé, selon les données du ministère de la Santé.

En attendant, le pays doit encore importer dans les 200 000 t de riz par an pour satisfaire ses besoins. Les devises pour financer ces importations devraient servir à autre chose si le SRI fait l’objet d’une vulgarisation et d’un appui plus soutenus des autorités. Cet appui peut se faire sous forme de subvention sur l’engrais, sur les matériels agricoles… Il peut aussi s’orienter sur l’intensification de l’accès à la microfinance rurale car le SRI exige une main d’œuvre plutôt élevée.

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article