Produits de la mer : 62% seront issus de l’aquaculture en 2030

Publié le par Alain GYRE

Produits de la mer : 62% seront issus de l’aquaculture en 2030   

Vendredi, 07 Février 2014

 

C’est l’un des chiffres publiés par la Banque mondiale dans son nouveau rapport publié le 5 février 2014 sur la pêche et l’aquaculture pour l’horizon 2030.

 

Comme quoi, l’aquaculture est une opportunité à ne pas rater, notamment pour les pays pauvres. Déjà actuellement, 45% des produits de la mer consommés dans le monde sont déjà issus de ce secteur. Pour Madagascar, ces opportunités existent bel et bien. Au niveau mondial, la Grande Ile est le 3ème en termes de superficie de mangroves avec 325 000 ha. Ces forêts en bord de mer constituent en quelque sorte la maternité et la crèche des crevettes, des crabes et de nombreux poissons. Seulement, elles doivent être gérées d’une manière rationnelle étant donné qu’entre 1985 et 2011, 60% de la superficie des mangroves sont perdues à cause des pressions humaines. Rien que pour les crabes pourtant, le pays a un potentiel de 7 500 à 8 000 t/an, contre une production annuelle de 2 700 à 3 500 t. La Banque mondiale estime que les pays en développement disposés à investir dans une gestion optimale des pêches et une aquaculture plus durable s’ouvriront des perspectives intéressantes.

 

Sinon, Madagascar pourra encore offrir des poissons de mer sauvages dont les prix devraient être plus élevés que ceux des poissons d’aquaculture, s’il gère au mieux ses ressources. Si on prend l’exemple des poissons de fond, ils sont encore peu inexploités. Seule la pêche industrielle peut s’en occuper puisque ces produits demandent des engins performants et donc des gros investissements. Ces poissons vivent à partir de 50m de profondeur et sont souvent plus appétissants que les poissons de surface. Selon les spécialistes, ils contiennent des acides gras et de l’oméga 3 (le lipide de qualité, contrairement à l’oméga 6 contenu dans la viande), du bon cholestérol… De plus, la consommation de poissons de fond est indiquée pour les efforts physiques et mentaux, et elle ne provoque aucune allergie. Ce n’est pas toujours le cas pour des poissons de surface comme le thon ou l’espadon. Il faut noter que si auparavant, l’Europe était le principal marché des produits de la mer de Madagascar, des opérateurs commencent à se tourner vers des pays comme la Chine. Les Chinois apprécient des produits comme les crabes, les concombres de mer…

 

D’après l’étude de la Banque mondiale, la Chine assurera 37% de la production mondiale en 2030 mais en consommera 38%. Comme quoi, la Chine demeurera encore un important marché à ne pas rater. A part l’exportation, les produits de la pêche contribuent à l’amélioration de la sécurité alimentaire pour des pays comme Madagascar. Mais pour l’heure, les poissons coûtent chers et sont un produit de luxe pour 9 Malagasy sur 10 frappés par la pauvreté. Le kilo commence à 6 000 Ar alors que le revenu de ces Malagasy sont en dessous de 4 000 Ar par jour

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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