Projection : Ovation méritée à « Tadio »

Publié le par Alain GYRE

Projection : Ovation méritée à « Tadio »

 1-cinema.jpg

De l’histoire au réalisateur, en passant par les différentes scènes et la prestation des acteurs, Tadio a su retenir l’attention du public

Le long métrage « Tadio », projeté hier à l'IFM, a soulevé des espérances pour le projet de distribution qui s'achemine. Un zébu de l'humour.

L'amour gagne toujours avec « Tadio », une œuvre de Henri Randrienerenana, tirée d'une histoire créée par Haingo Rarivoson et jouée par une équipe aussi soudée que prometteuse. La projection s'est déroulée, hier en début d'après midi, dans une salle carrément conquise de l'IFM, Analakely.
C'est l'un des long-métrages programmés durant ce festival dédié au film court. Si l'on considère l'hilarité et l'ovation accordée par les spectateurs, on peut en redemander plus pour la prochaine édition des Rencontres du film court. Ce film a joué les bons éclaireurs. Il a duré presque deux heures, que, sûrement, le public n'avait pas envie que ça se terminait. Même une petite scène incrustée dans le générique de fin a reçu sa part d'applaudissement soutenu. « Il nous a fallu beaucoup de moyens. Les tournages se sont déroulés à Nosy Be, il fallait y amener les acteurs et les actrices… Tout cela a eu son coût », révèle Henri Randrienerenana. Il fallait, donc, s'attendre à ce résultat avec des images de plage blanche et des scènes jouées au bord de mer.
Vengeance fugace
« Tadio » s'avère être un film à la fin manipulée. Des riches amants hésitent à s'aimer car l'homme et la femme qui forment ce duo « ericksonien » ont la vie dure avec leur couple respectif. L'un se sent mal-aimé, l'autre trop dominée par son mari et sa famille. Un ciel commun orageux, en quelque sorte. Si l'amour est une vengeance, on le retrouve dans ce long métrage.
Mais ça ne s'arrête pas là, les deux pécheurs ont une famille obnubilée par l'argent et deux religions, traditionnelle et chrétienne. Une symétrie triturée par le réalisateur comme deuxième fond de l'histoire. Il est, alors, facile de s'attendre que le couple déviant va finir heureux ensemble, mais il n'en est rien.
Comme l'amour gagne toujours, tout rentre dans l'ordre avec une fin rappelant tout le contraire de « Pour une nuit » de Mike Figgis. « Tadio » règle ses comptes à l'infidélité. Il l'a bien eue. Comme un savoureux Lobster, on a voulu le manger sans laisser des miettes. Impossible. Le long métrage pêche quelque-peu par des scènes précipitées là où il ne faut pas et une caméra hésitante. Il gagne dans les dialogues, comme dans celui de l'avion et surtout avec son humour décalé.

Maminirina Rado

Mercredi 10 avril 2013

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article